L'Union Cycliste Internationale (UCI) est une organisation dédiée au développement et à la promotion du cyclisme, œuvrant en étroite collaboration avec les fédérations nationales.
Origines et Évolution de l'UCI
L'UCI a été fondée le 14 avril 1900 à Paris par les fédérations nationales de Belgique, des États-Unis, de France, d'Italie et de Suisse.

Initialement, le poids de la tradition laissait l'UCI dans une position secondaire dans le monde du cyclisme sur route. Une évolution significative a eu lieu en 1965, sous la pression du Comité International Olympique (CIO). La Fédération Internationale Amateur de Cyclisme (FIAC) et la Fédération Internationale de Cyclisme Professionnel (FICP) ont été créées, l'UCI devenant alors l'organe de coordination de ces deux entités. La FIAC a établi son siège à Rome, en Italie, tandis que la FICP s'est installée à Bruxelles, en Belgique.
La FIAC, qui représentait la plus grande famille avec 127 fédérations affiliées sur les cinq continents, était largement dominée par les pays du bloc de l'Est, qui concouraient en tant qu'« amateurs » et participaient aux Jeux Olympiques.
Renforcement des Positions et Réformes
Sous la présidence d'Hein Verbruggen, de 1991 à 2005, les positions fédérales se sont renforcées face à des acteurs souvent freinés par des difficultés financières ou des affaires de dopage. En 1992, il a orchestré la réunification de la FIAC et de la FICP au sein de l'UCI et a supervisé le déménagement de l'organisation à Lausanne, à proximité du CIO.
Dès 1993, l'UCI a mis en place les classements UCI, prenant en compte toutes les courses disputées sur les cinq continents. Auparavant, ces classements étaient largement influencés par les médias ou des opérations purement publicitaires, comme le Challenge Pernod. Bien que cette avancée puisse sembler modeste, elle témoigne d'une politique progressive qui a culminé avec la mise en place du ProTour. Les organisateurs, autrefois maîtres incontestés de leurs courses, ont manifesté des réticences face à cette nouvelle structure, conservant une influence considérable.

Il est important de noter que ces débats concernaient principalement le cyclisme sur route masculin. Dans d'autres disciplines telles que le cyclisme sur route féminin, le cyclisme sur piste, le VTT ou le cyclocross, les résistances à l'UCI étaient moins prononcées.
Politique sur les Athlètes Transgenres
L'UCI est l'une des rares fédérations internationales autorisant la participation des athlètes transgenres aux compétitions, en se basant sur leur taux de testostérone. Cette politique a conduit, en 2023, à la victoire d'une coureuse transgenre, Austin Killips, dans une course cycliste féminine internationale par étapes, marquant une première historique.
Cette victoire a suscité de vives réactions dans le monde du sport. Alison Sydor, ancienne cycliste canadienne et championne du monde de cross-country, a exprimé son opinion : « le règlement actuel de l'UCI qui permet à des hommes de prendre part à des compétitions féminines n'est pas juste pour les athlètes féminines ». Inga Thompson a également mis en garde contre une menace potentielle pour le cyclisme féminin, soulignant que les jeunes coureuses se sentent « annulées, réduites au silence, leurs emplois menacés » et que certaines sont même qualifiées de TERF (trans-exclusionary radical feminist), les poussant à se retirer du sport plutôt qu'à lutter.
Le nom d'Austin Killips a attiré l'attention en mars après avoir été mentionné par l'ancienne championne de cyclo-cross Hannah Arensman dans un dossier de la Cour suprême expliquant son retrait du sport à l'âge de 24 ans. La politique libérale de l'UCI concernant les athlètes transgenres contraste fortement avec l'approche de World Athletics, qui interdit aux hommes ayant atteint la puberté de participer aux compétitions féminines.
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Internationalisation du Cyclisme
L'UCI a joué un rôle moteur dans l'internationalisation du cyclisme au cours des dernières décennies, visant à étendre la pratique de ce sport au-delà de ses origines européennes. Un symbole marquant de cette politique fut la création, en 1989, de la Coupe du monde de cyclisme sur route, qui incluait le Grand Prix des Amériques, une nouvelle course disputée au Canada.
Cette volonté d'expansion s'est poursuivie avec la mise en place du ProTour, qui comprenait notamment le Tour Down Under, une course disputée en début de saison en Australie.
Lutte Antidopage et Contrôles
L'UCI est responsable des contrôles antidopage dans le sport cycliste. Dans ce cadre, elle a introduit en 2008 le passeport biologique. Cet outil permet un suivi longitudinal de diverses variables biologiques chez les coureurs, dans le but de détecter toute variation anormale.
En octobre 2012, suite à la décision de l'UCI de retirer ses sept victoires sur le Tour de France à Lance Armstrong pour dopage, le président de l'Agence Mondiale Antidopage (AMA), John Fahey, a déclaré : « Tout le monde se dopait pendant l’ère Armstrong ». Il a ajouté qu'il y avait eu une période où la culture du cyclisme encourageait le dopage et que les dirigeants du cyclisme devaient assumer leurs responsabilités. Fahey a également estimé que la crédibilité de la Fédération internationale serait rétablie si les dirigeants en place durant l'ère Armstrong n'occupaient plus de fonctions au sein de l'organisation. Il a soulevé la question de savoir qui, dans ce contexte, souhaitait arrêter le dopage et pourquoi il n'avait pas été stoppé.
En janvier 2014, une commission d'enquête a été mandatée par l'UCI pour examiner les problèmes rencontrés par le cyclisme sur route, notamment les scandales de dopage et l'implication éventuelle de l'UCI. Le rapport du CIRC a été remis à l'UCI le 9 mars 2015.

Lutte contre le Dopage Mécanique
Dès avant 2006, l'utilisation d'assistance électrique au pédalage par les coureurs était évoquée. Cependant, ce n'est qu'en 2016 que l'UCI a officiellement interdit cette pratique. L'organisation se refusant initialement à utiliser des caméras thermiques - le moteur électrique dégageant de la chaleur - pour détecter les tricheurs, des journalistes de Stade 2 ont utilisé cette méthode et ont identifié plusieurs cas de triche potentielle.
Malgré ces dénonciations auprès de l'UCI, aucune suite n'a été donnée. En mars 2018, sous l'impulsion de David Lappartient, l'UCI a lancé une politique à grande échelle de lutte contre le dopage mécanique, utilisant désormais des appareils à rayons X pour scanner les vélos, ainsi que des magnétomètres miniatures développés par le CEA français.

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