La maladie de Lyme : Comprendre, prévenir et se protéger des tiques

Les beaux jours sont propices aux pique-niques, aux randonnées et aux promenades. Nous voilà en tenue courte et légère dans les sous-bois et les chemins de campagne. Restons prudents car les tiques, parfois porteuses de la maladie de Lyme, s’y cachent. Voici 5 réflexes à adopter pour s’en protéger.

Promenades, pique-niques, randonnées, course à pied, l’été est propice aux activités de plein air. Mais, l’hiver ayant été doux, les tiques ont fait leur apparition plus tôt cette année. Le nombre de personnes piquées est en recrudescence, tout comme celui des personnes contaminées par la maladie de Lyme. En cause, une bactérie (Borrelia burgdorferi) transmise par les morsures de tiques. Trop méconnue, cette maladie infectieuse fait l’objet d’une vaste polémique en France, car 27 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année et son diagnostic est difficile à établir.

Comprendre la maladie de Lyme

La maladie de Lyme, également appelée borréliose de Lyme, est une maladie infectieuse transmise à l'homme par la piqûre de tiques infectées. Elle est causée par une bactérie du complexe Borrelia burgdorferi sensu lato. En France, le vecteur principal est la tique dure du complexe Ixodes ricinus, largement répandue dans la plupart des régions hexagonales, à l'exception des zones de haute altitude ou très sèches.

Le cycle de vie de la tique et la transmission

Le cycle de développement de la tique Ixodes ricinus se déroule en trois stades (larve, nymphe, adulte) et peut durer de 2 à 6 ans. Chaque stade nécessite un repas sanguin sur un hôte vertébré pour passer au suivant. Les larves et les nymphes sont asexuées, tandis que les femelles adultes sont sexuées. Les principaux hôtes réservoirs de la bactérie Borrelia burgdorferi sont les petits mammifères sauvages (campagnols, mulots, écureuils) et certaines espèces d'oiseaux ou de reptiles. Les grands mammifères, comme les cervidés, sont des hôtes pour les tiques adultes mais ne sont pas des réservoirs compétents pour la transmission de la bactérie.

La transmission de Borrelia burgdorferi à l'homme se fait par la piqûre d'une tique infectée. Pendant le repas sanguin, les bactéries présentes dans l'intestin de la tique migrent vers ses glandes salivaires. Le risque de transmission dépend du temps de contact : en Europe, il est considéré comme augmenté après 24 heures d'attachement, bien que ce délai puisse varier.

Il est important de noter que la maladie de Lyme ne se transmet pas de personne à personne, par contact direct avec des animaux, par voie alimentaire, ni par la piqûre d'autres insectes. Aucune transmission par transfusion sanguine, greffe, voie materno-fœtale, lait maternel ou voie sexuelle n'a été confirmée chez l'homme.

Schéma du cycle de développement d'Ixodes ricinus et des différents hôtes

Les manifestations cliniques de la maladie

Les symptômes de la maladie de Lyme varient en fonction du stade de l'infection. Un diagnostic peut être envisagé en cas d'exposition à un risque de piqûre de tique, même si cet antécédent n'est pas toujours documenté, la piqûre pouvant passer inaperçue.

Stade précoce localisé : L'érythème migrant

Ce stade survient de 3 à 30 jours après la piqûre. Il est caractérisé par une manifestation cutanée typique : l'érythème migrant. Il s'agit d'une tache rouge indolore, s'étendant en anneau autour du site de la piqûre, atteignant généralement une taille de 5 cm de diamètre ou plus. C'est la manifestation la plus fréquente, observée dans 60 à 90 % des cas. Il ne doit pas être confondu avec une réaction à la salive de tique, qui apparaît plus précocement et ne s'étend pas de manière centrifuge.

Illustration d'un érythème migrant

Stade précoce disséminé

Ce stade survient de plusieurs jours à plusieurs semaines après la piqûre. Il peut se manifester par :

  • Des érythèmes migrants multiples.
  • Des manifestations neurologiques (neuroborrélioses) : méningoradiculite, paralysie faciale, méningite isolée, myélite aiguë.
  • Plus rarement, des manifestations articulaires (arthrite, notamment du genou), cutanées (lymphocytome borrélien), cardiaques ou ophtalmologiques.

Stade tardif disséminé

Ce stade survient plusieurs mois, voire années, après la piqûre. Il est caractérisé par des manifestations :

  • Articulaires
  • Cutanées (acrodermatite chronique atrophiante)
  • Neurologiques spécifiques rares (encéphalomyélite)

Dans certains cas, des manifestations post-infectieuses peuvent persister malgré un traitement antibiotique, constituant le syndrome post-Lyme (PTLDS). Les symptômes peuvent inclure fatigue chronique, troubles neurologiques, douleurs articulaires et musculaires, ainsi que des troubles cardiaques et ophtalmologiques.

Prévenir les piqûres de tiques et la maladie de Lyme

Face à la recrudescence des cas de maladie de Lyme, des mesures de prévention individuelles sont essentielles pour réduire le risque de contracter cette infection.

Les bons réflexes avant, pendant et après les activités en plein air

Le risque d'infection est maximal du printemps à l'automne, généralement entre mai et septembre. Les tiques vivent au sol ou sur les branches basses, rendant la protection des jambes primordiale.

  1. Se couvrir : Lorsque vous vous promenez en forêt, le long des routes forestières, dans les bocages ou les hautes herbes, portez des vêtements longs (couvrant bras et jambes), clairs et unis pour mieux repérer les tiques. Les chaussettes et les chaussures fermées sont également recommandées. Glisser le bas des pantalons dans les chaussettes ou utiliser des guêtres peut offrir une protection supplémentaire.

  2. Utiliser des répulsifs : Des répulsifs naturels, biologiques et écologiques peuvent aider à éloigner les tiques.

  3. Inspecter son corps : En rentrant de vos activités de plein air, prenez une douche et inspectez minutieusement votre corps. Les piqûres de tiques étant indolores, elles peuvent passer inaperçues. Portez une attention particulière aux plis de la peau, aux creux des genoux, aux aisselles, au nombril, à la zone pubienne, et à l'arrière des oreilles, car les tiques apprécient les endroits chauds.

  4. Retirer la tique rapidement : Si vous découvrez une tique sur votre corps, retirez-la immédiatement. Plus elle est ôtée rapidement, moins le risque de contamination est élevé. Utilisez un tire-tique acheté en pharmacie ou, à défaut, une pince à épiler fine. Attrapez la tique au plus près de la peau et tirez-la doucement en la faisant pivoter, en veillant à extraire la totalité de l'animal, y compris la tête. L'utilisation de produits comme la vaseline, l'éther ou l'alcool est déconseillée, car elle pourrait inciter la tique à injecter davantage de salive.

  5. Surveiller les symptômes : Si vous avez été mordu, restez à l'affût d'éventuels symptômes. Le risque de contamination est plus important si la tique est restée fixée longtemps. En dessous de 6 heures, le risque est quasi nul ; au-delà de 24 heures, il est beaucoup plus important. Dans près d'un cas sur deux, le premier signe est un érythème migrant. Celui-ci peut apparaître entre trois et trente jours après la morsure. Si des symptômes apparaissent, consultez un médecin sans délai.

Infographie : Comment retirer une tique correctement

Il est conseillé de désinfecter le site de piqûre après le retrait de la tique et de surveiller la zone pendant 4 semaines. L'antibioprophylaxie post-piqûre n'est pas recommandée de manière systématique.

Diagnostic et traitement de la borréliose de Lyme

Le diagnostic de la borréliose de Lyme repose avant tout sur l'examen clinique, l'identification des signes distinctifs et l'interrogatoire du patient sur son exposition aux tiques. Lors des manifestations disséminées, des tests sérologiques peuvent être utilisés pour confirmer le diagnostic, bien qu'ils ne soient pas recommandés au stade de l'érythème migrant, où le diagnostic est strictement clinique.

Le traitement de la borréliose de Lyme repose sur une antibiothérapie, quel que soit le stade de la maladie. Au stade précoce, ce traitement permet la guérison et évite la progression vers des formes disséminées. Les durées de traitement varient (14, 21 ou 28 jours) selon la situation clinique.

Pour les patients présentant des symptômes persistants après traitement, la HAS recommande un bilan étiologique complet pour exclure d'autres pathologies. Un traitement antibiotique d'épreuve de 28 jours peut être proposé, suivi d'un traitement symptomatique. La HAS soutient également la création de centres spécialisés pour une prise en charge personnalisée des formes disséminées graves et des syndromes persistants polymorphes après possible piqûre de tique (SPPT).

La maladie de Lyme - 2 minutes pour comprendre

Autres infections transmises par les tiques

Il est important de savoir que d'autres infections, bien que plus rares en France, peuvent être transmises par différentes espèces de tiques. Ces infections provoquent des tableaux cliniques variés, souvent associés à de la fièvre et d'autres symptômes spécifiques à l'agent pathogène en cause.

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