Le cintre VTT : un élément clé pour le pilotage et le confort

Le cintre VTT est un composant essentiel du vélo tout terrain, jouant un rôle déterminant dans le pilotage et le confort du cycliste. Contrairement aux guidons d'autres disciplines comme le vélo de route, qui présente un cintre courbé offrant plusieurs positions, ou le BMX, avec un guidon haut favorisant les extensions, le cintre VTT se caractérise par sa largeur et sa forme plutôt plate. Il est le périphérique principal qui permet de diriger le vélo, offrant au pilote un soutien pour ses bras et une connexion directe avec la direction du VTT.

Le cintre est fixé à la potence, qui assure la liaison avec la fourche du vélo. Les matériaux les plus couramment utilisés pour la fabrication des cintres VTT sont l'aluminium et le carbone. Ces derniers gagnent en popularité sur le marché grâce à leur capacité à offrir à la fois rigidité et légèreté, des qualités très recherchées par les pratiquants de VTT.

Illustration d'un cintre de VTT avec ses différentes parties (largeur, rise, upsweep, backsweep)

Trouver la position idéale avec le bon cintre VTT

L'objectif principal lors du choix d'un cintre VTT est de trouver celui qui offrira une position naturelle et permettra un pilotage optimal. Le marché propose une large gamme de cintres pour répondre aux attentes variées des vététistes. Pour faire un choix éclairé, plusieurs critères sont à considérer :

  • Le diamètre : Il existe principalement deux diamètres pour le serrage au niveau de la potence : le 31,8 mm, qui est le standard actuel pour la majorité des VTT, et le 35 mm, un format plus récent privilégié pour la pratique de l'Enduro et de la Descente (DH). Les anciens modèles de vélo ou certains cintres haut de gamme très légers peuvent encore être en 25,4 mm. Au niveau des poignées et des commandes, le diamètre reste universel.
  • La largeur : Mesurée de bout en bout, la largeur du cintre influence la maniabilité, la stabilité en descente et l'équilibre en position danseuse. Un cintre plus large ouvre la cage thoracique, favorisant une meilleure respiration. Inversement, un cintre plus étroit facilite le passage dans les passages serrés entre les arbres et améliore l'aérodynamisme sur les sections roulantes. Pour les vélos de 29 pouces, un cintre plus large est recommandé pour faciliter le guidage de la roue, qui possède plus d'inertie.
  • Le Rise (rehausse) : Il s'agit du décalage vertical entre la hauteur du cintre au niveau de la potence et celle des poignées. Plus le rise est élevé, plus le vélo devient maniable et agile en descente. Cependant, un rise excessif peut, dans les montées raides, entraîner un soulèvement de la roue avant et une perte de contrôle.
  • L'Upsweep (rehausse latérale) : C'est l'angle que forme le cintre lorsqu'il remonte vers le haut. Très courant en Enduro et All-Mountain, l'upsweep est considéré comme ergonomique pour l'alignement poignet/main.
  • Le Backsweep (retrait) : Il fait revenir les extrémités du cintre vers le cycliste. Comme l'upsweep, le backsweep contribue au confort de l'alignement poignet/main. Un backsweep de 5° est souvent apprécié en XC, sur des cintres plats ou avec un rise modéré.

Pour vous aider à naviguer parmi ces options, des guides spécialisés existent, comme le guide « comment choisir son cintre VTT ? ». Des marques réputées telles que Ritchey, Easton, Thomson et FSA proposent une large sélection de cintres sur des plateformes de vente en ligne, souvent avec des livraisons rapides.

Aluminium ou Carbone : quel matériau choisir ?

Le choix entre un cintre en aluminium et un cintre en carbone peut sembler anodin, mais il a une influence notable sur le ressenti et le confort de pilotage, au-delà des considérations de poids, de style et de sécurité. Les idées reçues, telles que le carbone étant trop rigide ou le diamètre 35 mm étant plus "tape-cul" que le 31,8 mm, sont souvent confrontées aux arguments des fabricants qui mettent en avant le confort et l'absorption des vibrations des cintres en carbone.

Pour clarifier ces points, des tests terrain sont essentiels. L'objectif est de comparer les standards et les matériaux, en essayant de maintenir des dimensions (largeurs et angles) aussi proches que possible pour ne pas fausser les résultats. Des modèles spécifiques comme le Spank Oozy Trail Vibrocore, doté d'une mousse interne censée améliorer l'absorption des vibrations, ou le Syncros Hixon iC 1.0, un combo cintre-potence monobloc en carbone, ont été inclus dans les panels de test pour leurs particularités.

Comparaison visuelle de cintres en aluminium et en carbone

Tests terrain et analyse des résultats

Des tests intensifs ont été menés, notamment sur la piste noire du bikepark de Morzine, réputée pour être très roulée et abîmée. Ces conditions extrêmes permettent de mettre en évidence les différences de comportement des cintres. Quatre testeurs ont participé à ces essais, chacun roulant sur son propre vélo pour une meilleure familiarisation avec le matériel. Les journées de test étaient structurées avec des descentes d'échauffement, suivies de tests randomisés des différents cintres, d'abord en 31,8 mm, puis en 35 mm pour le deuxième jour. Les retours des testeurs étaient collectés sur trois critères : sensation de rigidité, précision et mal aux mains.

En parallèle, des mesures avec un accéléromètre ont été réalisées pour objectiver les différences de vibrations transmises. L'analyse statistique des données a permis de confirmer plusieurs points :

  • Une corrélation directe entre la rigidité du cintre et la sensation de fatigue (mal aux mains). Les cintres les plus rigides sont ceux qui fatiguent le plus.
  • Les différences les plus marquées se situent entre les matériaux : les cintres en carbone sont généralement ressentis comme plus rigides et plus précis que ceux en aluminium.
  • Concernant la fatigue, les cintres en carbone "semblent" fatiguer plus rapidement, bien que les données soient plus dispersées, indiquant une grande variabilité entre les modèles. Certains cintres en carbone, comme le Renthal FatBar Carbon Lite, parviennent à offrir un bon niveau de confort, rivalisant avec certains modèles en aluminium.
  • Il a été observé que le diamètre (31,8 mm ou 35 mm) n'avait pas d'influence réelle et significative sur les sensations ressenties lors des tests. Les combinaisons 35 mm x aluminium et 31,8 mm x carbone tendent à offrir des sensations similaires.
  • L'effet de technologies spécifiques comme le Vibrocore de Spank n'a pas pu être statistiquement prouvé avec le panel de test, suggérant la nécessité d'études plus approfondies.

Les données de l'accéléromètre n'ont pas permis de dégager de tendances claires, ce qui peut s'expliquer par plusieurs facteurs, tels que la piste de test pas assez exigeante, la rigidité du support de l'accéléromètre ou des erreurs dans le traitement des données.

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Les leçons à retenir pour le choix de votre cintre

L'un des enseignements majeurs de ces tests est que la rigidité du cintre a une influence réelle et significative sur les sensations de pilotage. Si vous n'êtes pas entièrement satisfait du comportement de l'avant de votre vélo, changer de cintre peut être une solution plus économique qu'une nouvelle fourche ou roue, et peut considérablement améliorer la situation.

Il est conseillé de privilégier le changement de matériau plutôt que de diamètre pour obtenir un changement notable. Le carbone tend à rigidifier le poste de pilotage et à améliorer la précision, tandis que l'aluminium adoucit les sensations et réduit la fatigue, au détriment de la précision. Il est important de noter que des exceptions existent, avec des cintres en carbone conçus spécifiquement pour le confort.

Le niveau de pilotage et le terrain de pratique sont également des facteurs déterminants. Un pilote expérimenté pourra tirer parti de la précision accrue d'un cintre en carbone, tandis qu'un pilote moins aguerri pourrait se sentir plus secoué et fatiguer plus rapidement avec ce matériau. L'aluminium peut être un excellent choix pour les terrains très durs et abîmés, tandis que le carbone peut s'avérer intéressant pour l'enduro sur des sols plus souples.

Des experts de l'industrie confirment que les deux matériaux ont leurs avantages. L'aluminium offre une meilleure absorption des chocs grâce à sa fréquence naturelle plus basse, tandis que le carbone se distingue par sa légèreté et sa rigidité. Le potentiel du carbone dans la conception des cockpits VTT est encore large, avec des opportunités d'explorer des structures et des formes innovantes pour améliorer à la fois la légèreté et le confort.

Comment choisir votre cintre VTT : critères supplémentaires

Outre le matériau et le diamètre, d'autres aspects sont à considérer lors du choix d'un cintre VTT. Les cintres sont soumis à des normes strictes de résistance à la fatigue en laboratoire pour garantir la sécurité des utilisateurs.

Le poids varie en fonction de la pratique : les cintres de XC compétition sont généralement plus légers (100-170g), tandis que ceux pour une pratique plus décontractée ou l'Enduro sont plus lourds (200-250g) en raison de leur largeur et de leur robustesse accrue. Les cintres de DH avoisinent les 300g pour une rigidité et une solidité maximales.

Enfin, il est crucial de noter qu'après une chute importante, il est fortement recommandé de remplacer votre cintre, même s'il ne présente aucun dommage visible. Un cintre endommagé peut avoir sa résistance à la fatigue compromise, présentant un risque de rupture inattendue.

En résumé, le cintre VTT est un composant déterminant pour la position de conduite, le confort et la précision du pilotage. Le choix doit prendre en compte le diamètre, la largeur, le rise, l'upsweep, le backsweep, le matériau, le poids et le type de pratique pour trouver le cintre qui correspondra le mieux à vos besoins.

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