Lors d'un événement presse organisé par BTWIN à Cambrils, j'ai eu l'opportunité de tester de nouvelles lunettes de sport : les RoadR 500, proposées à un prix très accessible de 15€. Ce tarif soulève naturellement des interrogations quant à la qualité optique et la robustesse de ces lunettes. Trois modèles étaient disponibles pour ces essais, tous équipés d'écrans anti-UV de catégorie 3, les rendant ainsi particulièrement adaptés aux journées ensoleillées. Il faut cependant se contenter des associations de couleurs proposées. À 15€, l'absence d'étui souple, et encore moins d'étui rigide pour la protection, est compréhensible et ne me choque pas. Les écrans, constitués de deux parties, sont entièrement réalisés en polycarbonate. Ils bénéficient d'une légère ventilation pour minimiser la formation de buée. Quelle que soit la couleur choisie, la finition est satisfaisante et le poids reste constant, aux alentours de 32/33 grammes. Les différents modèles testés présentent des finitions d'écrans spécifiques : la version jaune arbore un écran à effet miroir, la noire un écran avec un reflet bleuté, et enfin, le modèle blanc et rose dispose d'un écran noir. La qualité visuelle est excellente, sans aucune distorsion optique perceptible sur tout le champ de vision. Par temps froid, lors des arrêts, la formation de buée reste relativement faible. En plein soleil, la protection est adéquate. Ces lunettes sont-elles exemptes de défauts ? Si je devais suggérer un point d'amélioration, ce serait au niveau des branches. Bien qu'elles assurent un maintien parfait des lunettes sur la tête, je pense qu'un confort accru pourrait être obtenu avec des branches légèrement plus travaillées. Il est possible que le modèle RoadR 900, vendu 39,99€, offre davantage de raffinement sur ce point.

Dans le domaine des équipements vestimentaires comme du matériel de VTT, les produits Decathlon sont souvent négligés au profit de leurs homologues de grandes marques. Il est vrai que la clientèle principale du fabricant français ne correspond pas toujours au pratiquant passionné qui recherche l'excellence, et que nous sommes souvent en quête de ce "plus" que seules les marques spécialisées peuvent offrir, quitte à dépenser davantage. Mais qu'en est-il lorsqu'il s'agit d'une simple paire de lunettes ? Est-il réellement nécessaire d'investir une somme à trois chiffres dans une paire d'Oakley qui pourrait être endommagée lors d'une chute ou dont les verres pourraient être rayés en passant sous une branche basse ? Quel savoir-faire ou quelle valeur technologique ajoutée une marque peut-elle réellement apporter sur une simple paire de lunettes ?
Je vous propose d'examiner cela ensemble à travers ce test des B’Twin Cycling 900, les lunettes 4 en 1 "haut de gamme" destinées au cyclisme, proposées par le fabricant français, que j'utilise depuis le printemps dernier.
Préambule : un point sur les lunettes à verres interchangeables
Si vous suivez également mes articles, vous avez peut-être déjà lu mon avis modérément enthousiaste sur les écrans interchangeables, notamment dans mon article consacré aux masques de ski. Il en va de même pour les lunettes de VTT, avec quelques nuances. Voici les points principaux :
- Tout d'abord, la facilité d'utilisation du système de changement de verres. Souvent, en particulier sur les modèles d'entrée de gamme, le système est assez rudimentaire. Outre le fait d'être difficile à manipuler lors d'une sortie, il conduit parfois (voire souvent) à la casse des verres si l'on utilise le système fréquemment. Ce fut notamment le cas sur les lunettes Orao (la marque de Decathlon dédiée aux optiques) que j'utilisais auparavant.
- Deuxièmement, le transport des verres de rechange pendant une sortie. Si transporter une deuxième paire complète prend plus de place, emporter uniquement les verres les expose davantage à tous les risques encourus par les objets dans un sac à dos, tels que les rayures ou la casse.
- Enfin, l'intérêt financier de passer à une solution à verres interchangeables lorsque l'on n'embarque généralement pas de seconde paire en randonnée. Si les systèmes d'écrans interchangeables peuvent facilement faire augmenter le prix d'un masque de ski, c'est moins le cas pour les lunettes. La possibilité de changer les verres est ainsi devenue une caractéristique courante et justifiable.
Finalement, l'utilisation de lunettes à verres interchangeables pour le VTT peut s'avérer une bonne idée, mais uniquement si le modèle choisi est correctement conçu. On bénéficie alors d'une meilleure monture qu'en achetant plusieurs modèles de gamme inférieure, et de la possibilité de remplacer les verres à moindre coût en cas de problème. C'est différent du ski, où les écrans sont coûteux, moins sujets à la casse, et où la technologie est peu répandue pour augmenter considérablement le prix des masques qui l'intègrent.
Cela étant dit, revenons à nos lunettes et au produit testé aujourd'hui.
B’Twin Cycling 900 : concepts et fiche technique
Ces lunettes sont donc 4 en 1 : cela signifie qu'avec une unique monture, la marque grand public propose 4 verres inclus dans le package, tous de catégorie différente :
- Catégorie 0 : sans teinte, pour laisser passer un maximum de lumière.
- Catégorie 1 : verre légèrement teinté pour les conditions de luminosité variables.
- Catégorie 2 : verre pour temps partiellement ensoleillé.
- Catégorie 3 : verre foncé pour les journées très ensoleillées.
Si vous souhaitez davantage d'informations concernant les catégories de verre et la quantité de lumière transmise, je vous renvoie à nouveau vers mon article sur les masques de snowboard, où je développe ce point plus en détail.

À ce niveau, nous sommes donc équipés pour affronter tous les types de conditions ! Il faut bien avouer cependant que si les verres de catégorie 3 seront utilisés majoritairement l'été avant de passer aux catégories 1 ou 0 l'hiver, ceux de catégorie 2 ont peu de chances de souvent être utilisés. Les verres sont en tout cas assez épais pour inspirer confiance, bien qu'il ne faille pas trop se faire d'illusions sur leur résistance en cas d'oubli au fond d'un sac… Heureusement, Décathlon a pensé au transport et livre ce produit dans un étui rigide imposant qui permet d'emporter lunettes et verres.
Passons à la monture. On ne s'attardera pas sur le look, qui plaira ou pas, pour se concentrer sur l'aspect fonctionnel. Cette monture est plus imposante que sur les modèles plus bas de gamme de la marque, comme mon ancienne paire de Griffith qui coûtait il y a quelques années une trentaine d'euros. Il semblerait que Decathlon ait compris l'importance d'un bon maintien pour une utilisation sur deux roues et, comme nous le verrons par la suite, cette paire s'avère efficace sur ce plan.

Les branches se replient en passant directement de la position ouverte à fermée. Leur taille au niveau des charnières laisse présager d'une bonne fiabilité dans le temps, mais la marque française persiste à vouloir des branches souples sur leur seconde moitié. Heureusement, cette souplesse semble cette fois bien calibrée : les branches sont assez souples pour éviter les douleurs, mais suffisamment rigides pour permettre un bon maintien de la paire sur le crâne. Un revêtement en caoutchouc strié présent sur la moitié qui se courbe légèrement améliore encore ce dernier point. Ce caoutchouc se retrouve sur les pads non-réglables au niveau du pont. Les pads sont d'ailleurs solidaires des verres plutôt que de la monture, conséquence des choix faits au niveau du système de changement des verres, auquel nous allons maintenant nous intéresser.

Ce système de fixation des verres représente une avancée significative par rapport à ce que Decathlon proposait et propose toujours dans ses gammes inférieures. Plutôt qu'un maintien par encoches qui demande de faire pression sur la monture et les verres en lançant trois dés pour déterminer si tout va exploser entre nos doigts ou si les Dieux restent de notre côté pour un changement supplémentaire, on trouve ici un système de verrouillage mobile composé de deux éléments, un par côté. En pratique, il suffit de faire pivoter les deux leviers pour libérer l'écran qui se retire sans forcer. Un petit aimant sur la monture au niveau du pont et un autre sur les verres permet de positionner chaque écran très facilement avant de les verrouiller avec les leviers. Un bémol toutefois : le système de verrouillage, aussi efficace soit-il, n'inspire pas une confiance inébranlable dans sa capacité à résister à des changements de verres quotidiens.

Pour terminer, on notera que la monture comme les verres sont découpés pour laisser passer l'air sur leur partie supérieure. Est-ce efficace ? La réponse se trouve dans la section suivante…
Sur le terrain
Le premier point positif que l'on remarque immédiatement une fois les lunettes sur le visage, c'est l'excellent maintien qu'elles procurent. Les branches, assez larges à leur base et leur bonne rigidité, y contribuent largement, et évitent que la paire ne semble posée de façon précaire sur le nez de son propriétaire. La souplesse de la seconde moitié des branches évite les douleurs, comme le laissait présager notre premier aperçu : rien à signaler de ce côté.
L'autre avantage des branches relativement rigides, c'est la facilité de les glisser dans un casque comme le MET Parachute, qui possède juste la place nécessaire au niveau des tempes pour une paire de lunettes. Avec des branches frêles et souples, c'est beaucoup moins facile car elles ont tendance à se tordre dès qu'on pousse un peu.
Deuxième point sur lequel on attend de bons résultats, c'est l'évacuation de la buée. Si Décathlon communique largement sur le sujet pour vanter les mérites de son système, il n'est pas totalement efficace… comme n'importe quelle autre paire de lunettes. C'est en effet un problème récurrent sur les modèles très proches du visage. Cela dit, le concept fonctionne relativement bien, et même si la buée fait son apparition sur le haut des verres lors des longues montées par temps froid, je n'ai jamais été obligé de faire descendre les lunettes sur mon nez pour améliorer le flux d'air, comme c'était le cas avec mes paires précédentes.
Verdict
L'offre de la marque française en matière de lunettes sportives est assez importante, allant de paires basiques à 5€ jusqu'à ce modèle à 40€. La distinction entre les modèles running et cycling est significative. Les premiers s'avèrent moins chers et un peu plus légers, mais les branches, très souples pour mettre en avant le confort et la légèreté, posent problème lors d'une utilisation VTT. Dans la gamme vélo de route et VTT, on trouve également les B'Twin Cycling 700, proposées à 30€. Si l'option semble tentante sur le plan tarifaire, la différence majeure par rapport aux 900 est l'absence de système de verrouillage pour les verres. Vu mes expériences précédentes avec les verres interchangeables, je suis très pessimiste quant à la tenue dans le temps et la facilité d'utilisation de ce type de système, ce que vous avez déjà compris à la lecture de cet article.
Les B’Twin Cycling 900 sont donc une excellente option pour qui cherche une monture à verres interchangeables. Si la finition du système de verrouillage semble un peu "cheap", il a le mérite d'exister et de bien fonctionner. On ne se demande plus si on aura toujours un écran en un seul morceau après le changement. Pour celles et ceux qui changent leurs verres selon la saison, la solidité de l'ensemble ne devrait pas poser problème. Pour des changements très fréquents, avoir deux paires peut se révéler préférable. Il n'y a finalement pas de solution miracle, à moins qu'un fabricant élabore un système 100% aimanté, comme le font certains masques.
La monture à la rigidité bien pensée et les bonnes prestations au niveau de l'évacuation de buée en font en tous cas une paire qui se porte et se comporte très bien sur le terrain. C'est donc un produit que je conseille pour qui cherche des lunettes VTT relativement peu dispendieuses et qui offrent des prestations supérieures aux modèles bas de gamme.
Pour clore cet article, il faut noter que quatre déclinaisons de ce modèle sont proposées. Les trois verres supplémentaires (catégories 0, 1 et 2) sont identiques pour chaque déclinaison, et seule la couleur du verre de catégorie 3 ainsi que celles de la monture sont différentes.
Lunettes de vélo Cycling 900 BTWIN - Le top avec aimant !! - 302
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Informations produit supplémentaires
Une 3ème génération de ces lunettes incontournables est disponible, caractérisée par une ligne plus moderne, un écran plus large et une réduction de poids. Ces lunettes de soleil de sport offrent un large champ de vision et une grande légèreté. Elles assurent une protection solaire de catégorie 3, une ventilation efficace et une stabilité constante.
Atouts du produit
- Protection solaire : Verre catégorie 3 - filtre 100% UV : idéal par temps ensoleillé.
- Limitation de la buée : Verre ventilé : limite l'apparition de la buée.
- Solidité : Verres en polycarbonate composés de plastique haute résistance.
- Couvrance : Forme enveloppante : protège les yeux du vent, des projections, des intempéries.
- Champ de vision : Grande taille des verres : confère une meilleure vision périphérique.
- Maintien du produit : Grip sur l'embout de branche et le nez : empêche les lunettes de glisser.
Informations techniques
VERRES
- Verre catégorie 3 : Filtre 88 % de lumière (protection par temps ensoleillé).
- Ne convient pas aux sorties par temps couvert en hiver.
- Filtre anti-UV suivant la norme ISO 12312-1.
- L'effet miroir est uniquement esthétique. Attention aux rayures, plus visibles sur un verre miroir. Pensez à bien les protéger. Avant de frotter avec un chiffon, passez-les sous l'eau.
MONTURE
- Matière de la monture : polycarbonate.
- Matière des embouts de branches : rubber.
- Taillant : convient aux visages fins à moyens.
Composition / conseil
- Composition du produit :
- Cadre : Polycarbonate (80%), SEBS (20%)
- Lentilles : Polycarbonate (100%)
- Vis : Acier (100%)
- Conseils de stockage : La qualité de votre vision dépend du bon entretien de vos lunettes de soleil. L’étui n’est pas superflu ! Rangées à l’intérieur, vos lunettes seront à l'abri des rayures, des chocs et de l'écrasement.