Introduction de l'obligation du gilet jaune pour les motards
Depuis le 1er janvier 2016, les motards sont tenus de posséder un gilet jaune. Cependant, une semaine après l'entrée en vigueur de ce texte qui rend obligatoire le gilet jaune pour tous les conducteurs de deux roues motorisés, la loi est peu, voire pas respectée. Cette situation a été particulièrement illustrée à Toulouse.
Les motards alignés sur les automobilistes : une nouvelle obligation
Depuis le 1er janvier 2016, la loi oblige les conducteurs de deux roues, motos et scooters, à avoir un gilet jaune à portée de main et de le mettre en cas d'arrêt d'urgence. Il s'agit d'un "gilet fluo" à conserver sous la selle ou dans un sac, mais pas sur le dos en circulation. Les conducteurs de deux roues (hors vélo) doivent le porter uniquement en cas de panne ou d'accident.
Les motards sont désormais alignés sur les automobilistes, qui y sont contraints depuis juillet 2008, avec en supplément, l'obligation du triangle.
Un gilet fluo coûte en moyenne 3 euros.

Perception et respect de la loi par les motards
Sept jours après l'application de la loi, les motards la respectent-ils ? À Toulouse, un reportage a mis en lumière la réalité du terrain.
"J'ignorais que la loi était entrée en vigueur le 1er janvier", avoue, gêné, un motard toulousain. Sur six motards interrogés au hasard dans les rues de Toulouse, quatre ne connaissent pas ou mal la loi.
Il a fallu attendre un peu pour croiser un conducteur de deux roues bien informé. "Le gilet est dans ma moto", indique Maxime, titulaire du permis depuis quatre ans. Il fait figure d'exception : "si on est hors de la moto, sur une bande d'arrêt d'urgence, il faut le porter sur soi, sinon c'est 135 euros d'amende". La loi prévoit également une amende de 11 euros pour non-présentation du gilet lors d'un contrôle de police ou gendarmerie.
Olivier, la soixantaine bien entamée et plus de 40 ans de pratique de deux roues, est plus récalcitrant. Il sait ce qu'il risque : "Je n'ai pas de gilet jaune sur moi, non. Je m'assois un peu sur la loi. Ce n'est pas inutile, mais les automobilistes doivent faire attention à nous. Qu'on forme un peu plus les motards en leur faisant faire du circuit, ce qu'on ne fait plus, c'est-à-dire qu'on ne peut pas avoir de réflexe. Et puis qu'on apprenne aux gens à bien regarder leurs rétroviseurs".
Utilité et mise en œuvre de la loi
Améliorer la visibilité en cas d'arrêt d'urgence, c'est bien l'objectif de la loi. Mal appliquée pour le moment, elle est néanmoins jugée utile par de nombreux motards.
"On en a besoin", reconnaît un pilote toulousain, "dans la mesure où c'est nécessaire pour un véhicule, quelqu'un qui descend de voiture, pourquoi pas pour un motard arrêté ?"
Une mise en œuvre poussive après une semaine, pourtant la loi s'applique à tous et officiellement sans tolérance.
Contexte et mouvements sociaux impliquant les motards et le gilet jaune
Le gilet jaune, devenu un symbole, a également été un élément central dans les manifestations des "Gilets jaunes". En Finistère, ce mouvement a parfois croisé la route des revendications des motards.
Manifestations et revendications
Le 17 novembre 2018, des Gilets jaunes organisent une opération escargot entre Quimper et Quimperlé. Tristan Ouvrard, référent de l'opération, et Thibault Villers, co-organisateur, tirent un bilan positif de la matinée, rassemblant environ 350 voitures et une centaine de motos. Ils soulignent le caractère pacifiste de leur mouvement, distinct des affrontements survenus à Quimper en soirée.
La Fédération française des motards en colère du Finistère (FFMC) a également manifesté. Le 17 novembre 2018, Ronan Morvan, coordinateur de la FFMC Finistère, exprime une légère déception quant au nombre de participants (environ 120 motos accueillies par une centaine de Gilets Jaunes), attribuant ce chiffre à une annonce tardive, une certaine lassitude et le prix du carburant.
Les revendications des motards incluent le travail avec les élus départementaux et les préfets pour assouplir les limitations de vitesse, mais aussi la préoccupation concernant une éventuelle interdiction de manifester, soulignant que beaucoup de motards sont également des Gilets jaunes.
Actions citoyennes des motards
Le responsable départemental de la FFMC insiste sur le rôle citoyen des motards. Des réflexions sont en cours pour la création de consignes à casque lors de grands événements festifs. Une campagne de mesures des dos-d'âne sur les routes a également été lancée pour vérifier leur conformité aux normes, constatant que la présence de coussins berlinois est illégale sur certaines routes.

Sécurité routière et initiatives pour les motards
La sécurité des motards est une préoccupation constante. En dehors de l'obligation du gilet jaune, d'autres initiatives visent à améliorer leur sécurité.
L'application Liberty Rider
Selon une étude de la sécurité routière, deux motards sur trois accidentés de la route décèdent en rase campagne. Ce constat a conduit quatre jeunes Toulousains à créer l'application Liberty Rider, dans le but de briser la solitude du pilote et de lui trouver un moyen d'alerter les secours, même en cas de grave accident.
UN ROAD TRIP A MOTO AVEC LIBERTY RIDER
Un accident évité grâce à l'équipement
L'expérience de Dominique Carduner, habitant du Sud-Finistère, illustre l'importance de l'équipement. Victime d'un accident où il a été percuté par une voiture, il a déclaré : "J’ai la clavicule gauche cassée, des contusions aux genoux, à la hanche, aux coudes… Mais cela aurait pu être pire : sans mon blouson renforcé, je pense que je m’y passais." Cet accident souligne aussi l'incompréhension face au fait de laisser une personne accidentée sur la chaussée.
