L'histoire des bataillons cyclistes : de la Première Guerre mondiale à l'Ukraine moderne

La Russie a fait des progrès dans le sud et le nord de l'Ukraine, mais à quel prix ? Une litanie de pertes humaines et matérielles suit son parcours à travers les provinces ukrainiennes.

Pertes humaines et matérielles russes

Au 19 novembre 2024, une analyse conjointe de BBC News Russian et du site d'information Mediazona confirmait la mort de 79 819 soldats russes depuis février 2022, grâce aux sources ouvertes (Osint). Les journalistes estiment toutefois que ce chiffre pourrait représenter entre 45 % et 65 % du nombre réel de décès, suggérant un total compris entre 120 506 et 174 064 soldats russes tués.

Les déboires matériels dépassent, et de loin, la capacité de production actuelle de la Russie. Selon le site Oryx, basé sur des sources ouvertes, les forces russes ont perdu plus de 19 300 unités d'armement. Sur ce total, les pertes de véhicules blindés de combat (chars, véhicules de combat d'infanterie (IFV), véhicules blindés de transport de troupes (APC), véhicules de combat blindés (AFV) et véhicules protégés contre les mines (MRAP)) sont estimées à plus de 11 000.

Infographie illustrant les pertes matérielles russes en Ukraine.

Pour pallier ces manques, la Russie a fait appel à des véhicules de plus en plus anciens et inadaptés. Léo Péria-Peigné, chercheur en armement et industrie de Défense au Centre des études de sécurité de l'Institut français des relations internationales (Ifri), expliquait pour Geo en avril que dans le saillant ukrainien qui rogne l'oblast russe de Koursk, les véhicules de combat à chenilles BMP et BMD, ainsi que les BTR-82, laissent peu à peu place aux camions blindés Tigr et Typhoon, plus faciles et rapides à produire, mais aussi plus légers et moins renforcés. Les véhicules de combat à roues BTR-82 arrivent en grand nombre sur la ligne de front.

Dans certains points chauds de la ligne de front, les véhicules militaires ont tout bonnement déserté, détruits ou endommagés. Des véhicules civils ont été employés pour remplacer partiellement l'arsenal militaire. La situation semblait se stabiliser, indique Forbes, jusqu'à ce que les soldats de Moscou commencent à les conduire non immatriculés et en état d'ébriété. Selon le site américain, les accidents liés à l'alcool sur le front auraient fait 21 morts cette année.

Conséquence : certains commandements régionaux russes ont interdit les véhicules civils non immatriculés. C'est alors que les soldats ont été contraints d'utiliser des véhicules encore plus vulnérables pour se déplacer le long des barricades. "Tout le monde est à vélo", note Two Majors, un blog militaire russe très populaire. "Quelqu'un livre des munitions, quelqu'un se rend à des positions, quelqu'un se rend à une réunion."

L'émergence des "bataillons bicyclette" modernes

Des opérateurs de drones russes auraient récemment assisté à une scène pour le moins curieuse. À seulement 1,5 km de la ligne de front, en Ukraine occupée, ils ont repéré grâce à un drone FPV un cycliste russe menant un véhicule de combat BMP au combat. "Un type à vélo mène le BMP à l'attaque !", s'esclaffe l'un. "Contournez le cycliste, vous allez vous faire avoir !", crie un autre Russe à la radio, s'adressant apparemment à l'équipage du BMP exposé et qui avance lentement. "C'est foutu", murmure un autre. "Another unique case, a real breakthrough: Russian soldiers are watching as a Russian cyclist leads a Russian BMP into battle. Imagine what the hohols [Ukrainians] are thinking now," says one of the observers.

Image d'un soldat russe sur un vélo à proximité d'un véhicule de combat BMP.

En quête de véhicules furtifs, les forces ukrainiennes ont adopté des buggies tout-terrain, des vélos électriques et des quads, relatait le Wall Street Journal en juin. Un soldat aurait utilisé un buggy fabriqué à Kyiv pour transporter 350 kg de munitions à 24 km du front, en toute discrétion.

Leur manque de protection rend ces véhicules vulnérables aux tirs ennemis, mais leur petite taille et leur faible empreinte thermique font d'eux des cibles difficiles à détecter par les radars. La discrétion ne semble toutefois pas avoir été la motivation première de la procession repérée par son propre camp : difficile, même pour un vélo, de passer inaperçu lorsqu'un char BMP se trouve pile derrière.

Depuis le début de l'invasion russe en Ukraine le 24 février, l'armée ukrainienne a stupéfié le monde par sa résistance et impressionné les experts militaires par sa capacité à innover. L'usage combiné de drones grand public, notamment ceux de la marque française Parrot, et militaires type Bayraktar TB2 et Switchblade, a permis d'infliger de lourdes pertes à l'armée russe, très mal préparée face à cette agilité tactique. Et voilà que l'on apprend que les vélos électriques font également partie de l'arsenal déployé par les forces ukrainiennes.

Tour à tour, les fabricants Delfast et ELEEK, tous deux basés en Ukraine, ont confirmé que leurs VAE étaient utilisés sur le champ de bataille. Le site Futura avait consacré un article au Delfast Top 3.0, un vélo électrique aux allures de moto tout-terrain qui aligne des performances impressionnantes. Le vélo électrique Atom Military de la marque ELEEK est utilisé par des snipers de la Légion géorgienne.

Le silence, la capacité de franchissement et la puissance (moteur 3.000W, 182 Nm) du Delfast permettent une approche discrète et une fuite rapide. Quant aux vélos électriques ELEEK, ils ont été adoptés par la Légion géorgienne, une unité de combattants géorgiens qui aide à défendre l'Ukraine. Baptisé Atom Military, le modèle utilisé atteint les 90 km/h en vitesse de pointe et peut parcourir jusqu'à 150 km.

Blessé, un soldat ukrainien fuit les combats grâce à un vélo livré par drone

L'héritage historique des bataillons cyclistes

La Première Guerre mondiale est connue pour avoir introduit des innovations en temps de guerre telles que les chars et les sous-marins, mais les armées du monde ont encore beaucoup utilisé la technologie « à l'ancienne ». L'humble bicyclette était utilisée à la guerre depuis la fin des années 1800 et s'était avérée assez efficace. Les soldats à bicyclette pouvaient voyager plus loin et transporter plus de fournitures que les soldats à pied.

Pendant la Première Guerre mondiale, de nombreux pays ont utilisé des bataillons de cyclistes, parfois appelés corps de cyclistes. Ces soldats s'entraînaient pour combattre dans une approche de guerre mobile, mais les conditions des tranchées rendaient cela difficile. Au lieu de cela, les cyclistes effectuaient souvent des tâches telles que la livraison de fournitures et de messages, et la garde de prisonniers ou de lieux importants. Ils se livrèrent cependant au combat.

Une nouvelle collection d'archives met en lumière la diversité des bicyclettes utilisées pendant la Première Guerre mondiale. Ils pouvaient s’approcher subrepticement, en silence et par surprise de l’ennemi, lui infliger un coup douloureux et disparaître tout aussi rapidement. Le vélo n’a pas besoin d’être alimenté ou ravitaillé. Il ne nécessite pas de réparations lourdes, et peut transporter de petites charges qu’une personne ne pourrait pas porter sur elle-même. Se déplaçant à la même vitesse que la cavalerie (6-12 km/h), les troupes à vélo parcouraient une distance allant jusqu’à 120 km par jour.

Les samokatchikis de l'Empire russe

En Russie, d'avril à octobre 1918, les cyclistes militaires de l'Empire russe étaient appelés samokatchikis. Les premières brigades sont apparues en 1891. Ayant laissé leurs « chevaux de fer » à l’arrière, ils devaient se battre comme une infanterie ordinaire, mais en revanche, ils avaient des avantages en termes de vitesse et de maniabilité.

Les cyclistes étaient équipés d’armes légères, de mitrailleuses, de mortiers et de grenades, qui étaient fixés aux cadres des vélos avec des supports spéciaux. Initialement, les samokatchikis étaient équipés de vélos français Peugeot. Sur les champs de la Grande Guerre, des troupes à vélo russes ont été utilisées pour la reconnaissance et les communications, couvrant la cavalerie et l’infanterie.

Tirant parti de leur déplacement silencieux, ils menaient des attaques nocturnes efficaces contre l’ennemi. Le commandement les a également utilisés comme une réserve hautement mobile pour combler les lacunes de la défense, ou vice versa - pour sécuriser rapidement les positions sur les lignes ennemies lors d’une percée.

Les cyclistes dans la Révolution russe et la Guerre civile

En 1919, les cyclistes sont même devenus des héros des événements révolutionnaires de 1917. En novembre, des combats éclatent à Moscou entre partisans et opposants au nouveau gouvernement, et le bataillon de réserve de cyclistes stationné dans la ville se range du côté des bolcheviks. Les troupes à vélo ont été activement utilisées lors du déclenchement de la guerre civile en Russie. Les « chevaux de fer » ont été fournis au mouvement blanc par l’Entente, et les bolcheviks les ont pour la plupart réquisitionnés à la population.

L'utilisation des bicyclettes pendant la Seconde Guerre mondiale

Dans l’Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale, les bicyclettes n’étaient pas aussi répandues que dans la Wehrmacht ou dans les forces armées finlandaises. Dans les conditions de la guerre mécanisée, les cyclistes militaires n’étaient pratiquement pas impliqués dans les hostilités. Cependant, il y avait des exceptions. Bien que les samokatchikis pendant la guerre aient pu être impliqués dans des missions spéciales et de reconnaissance, leur service se limitait principalement aux troupes de communication.

Photo d'archives de soldats hongrois à vélo à Budapest en 1945.

Bataillons cyclistes à travers le monde : une histoire militaire

L'utilisation militaire de la bicyclette remonte à la fin du 19ème siècle, avec l'avènement du "vélo de sécurité" en Europe, aux États-Unis et en Australie. Les bicyclettes ont réduit le besoin de chevaux, de carburant et de maintenance des véhicules. Le développement des pneus gonflables, associé à des cadres plus courts et plus robustes, a conduit à l'exploration des usages militaires potentiels des bicyclettes.

Dans une certaine mesure, les cyclistes ont assumé les fonctions des dragons, notamment en tant que messagers et éclaireurs, remplaçant les chevaux dans la guerre. Les unités ou détachements cyclistes existaient dans la plupart des armées à la fin du 19ème siècle.

L'Europe et les débuts du cyclisme militaire

  • Royaume-Uni : Les troupes cyclistes étaient employées dans des unités de milice ou territoriales plutôt que dans l'armée régulière. En 1887, les premières manœuvres cyclistes impliquant des unités de volontaires britanniques ont eu lieu.
  • France : Plusieurs unités expérimentales ont été créées dès 1886. Ils ont développé des vélos pliants, qui pouvaient être démontés et portés sur le dos de leurs cavaliers. En 1900, chaque bataillon d'infanterie de ligne et de chasseurs français disposait d'un détachement cycliste, destiné à l'escarmouche, à l'éclaireur et au port de dépêches.
  • Pays-Bas et Belgique : Les armées néerlandaise et belge, avec un terrain plat étendu à l'intérieur de leurs frontières nationales, maintenaient des unités de cyclistes de la taille d'un bataillon ou d'une compagnie.
  • Italie : Les Bersaglieri ont élargi leur rôle établi d'infanterie légère à mouvement rapide grâce à l'utilisation extensive des bicyclettes à partir des années 1890.
  • Suisse : Même l'armée suisse a trouvé les bicyclettes utiles pour la mobilité en terrain accidenté où la cavalerie de chevaux ne pouvait pas être utilisée.

Dans les années précédant la Première Guerre mondiale, la disponibilité d'un vaste réseau de routes pavées ou gravillonnées en Europe occidentale a fait des cyclistes militaires une alternative réaliste aux troupes montées, pour des raisons d'économie, de simplicité de formation, de silence relatif en mouvement et de facilité de soutien logistique.

Les États-Unis et l'expérimentation

À la fin du 19ème siècle, l'armée américaine a testé l'aptitude du vélo pour le transport de troupes en tout-terrain. Les expérimentations les plus poussées sur les unités cyclistes ont été menées par le 1er Lieutenant James A. Moss, du 25th United States Infantry (Colored) (un régiment d'infanterie afro-américain avec des officiers blancs). En 1896, les Buffalo Soldiers de Moss, stationnés dans le Montana, ont parcouru des centaines de miles à grande vitesse sur des vélos à travers des paysages sans route. Les "rouliers" ont parcouru les 1 900 miles jusqu'à Saint-Louis, Missouri, en 40 jours avec une vitesse moyenne de plus de 6 mph (9,7 km/h).

Illustration des

Le vélo au combat : Jameson Raid et Seconde Guerre des Boers

La première utilisation connue du vélo au combat s'est produite lors du Jameson Raid en 1895, au cours duquel des cyclistes ont transporté des messages. Pendant la Seconde Guerre des Boers, les cyclistes militaires ont été utilisés principalement comme éclaireurs et messagers. Une unité a patrouillé les lignes de chemin de fer sur des tandems spécialement construits et adaptés aux rails. Plusieurs raids ont été menés par l'infanterie montée sur des vélos des deux côtés ; l'unité la plus célèbre était le Theron se Verkenningskorps (Theron Reconnaissance Corps) ou TVK, une unité Boer dirigée par l'éclaireur Daniel Theron, que le commandant britannique Lord Roberts décrivit comme "la plus dure épine dans le flanc de l'avancée britannique". Roberts plaça une récompense de 1 000 £ sur la capture de Theron et envoya 4 000 soldats pour trouver et éliminer le TVK.

Le vélo dans les conflits majeurs du 20ème siècle

Pendant la Première Guerre mondiale, les fantassins montés sur vélo, les éclaireurs, les messagers et les porteurs d'ambulance ont été largement utilisés par tous les belligérants.

  • Italie : L'Italie a utilisé des bicyclettes avec les Bersaglieri jusqu'à la fin de la guerre.
  • Allemagne : Les bataillons Jäger (infanterie légère) de l'armée allemande disposaient chacun d'une compagnie de cyclistes (Radfahr-Kompanie) au début de la guerre, et d'autres unités ont été levées pendant la guerre, portant le total à 80 compagnies. Un certain nombre d'entre elles ont été regroupées en huit Radfahr-Bataillonen (bataillons de cyclistes).
  • Belgique : Avant le début de la guerre de tranchées, le terrain plat de la Belgique était bien utilisé par les cyclistes militaires. Chacun des quatre bataillons de carabiniers belges comprenait une compagnie de cyclistes, équipée d'une marque de vélo pliant nommée le Belgica. Une école de cyclistes régimentaire dispensait une formation en lecture de cartes, en reconnaissance, en rapport et en transmission de messages verbaux.

Le vélo dans l'Empire japonais

Lors de son invasion de la Chine en 1937, le Japon a employé quelque 50 000 troupes cyclistes. Au début de la Seconde Guerre mondiale, sa campagne du sud à travers la Malaisie en route vers la capture de Singapour en 1941 dépendait en grande partie de soldats à vélo. Dans les deux cas, les bicyclettes ont permis le transport silencieux et flexible de milliers de troupes qui ont ensuite pu surprendre et dérouter les défenseurs. Les bicyclettes faisaient également peu de demandes à la machine de guerre japonaise, n'ayant besoin ni de camions ni de navires pour les transporter, ni de pétrole précieux. Bien que les Japonais aient reçu l'ordre de ne pas embarquer pour la Malaisie avec des bicyclettes, par crainte de ralentir les débarquements amphibies, ils savaient grâce aux renseignements que les bicyclettes étaient abondantes en Malaisie et ont procédé à la confiscation systématique des bicyclettes auprès des civils et des détaillants dès leur débarquement. En utilisant des bicyclettes, les troupes japonaises ont pu se déplacer plus rapidement que les forces alliées en retraite, coupant souvent leur retraite. La vitesse de l'avancée japonaise, généralement le long des routes de plantation, des sentiers indigènes et sur des ponts improvisés, a également surpris les forces alliées défendant les routes principales et les traversées de rivières, en les attaquant par l'arrière.

Carte illustrant l'avancée japonaise en Malaisie durant la Seconde Guerre mondiale, mettant en évidence l'utilisation des vélos.

L'usage des bicyclettes en Pologne et en Finlande

  • Pologne : Lors de l'invasion de la Pologne en 1939, la plupart des divisions d'infanterie polonaises comprenaient une compagnie d'éclaireurs à vélo.
  • Finlande : L'armée finlandaise a largement utilisé les bicyclettes pendant la Guerre de continuation et la Guerre de Laponie. Les bicyclettes ont été utilisées comme moyen de transport dans les bataillons de jägers, les détachements légers divisionnaires et les compagnies de jägers organiques régimentaires. Les unités cyclistes ont mené les avancées de 1941 contre l'Union soviétique. Particulièrement réussie fut la 1ère Brigade de jägers, renforcée par un bataillon de chars et un bataillon antichar, offrant un mouvement rapide à travers un réseau routier limité. Pendant l'hiver, ces unités, comme le reste de l'infanterie, sont passées aux skis. Entre 1942 et 1944, des bicyclettes ont également été ajoutées aux parcs d'équipement régimentaires. Pendant les batailles de l'été 1944 contre l'Union soviétique, les bicyclettes ont assuré une mobilité rapide pour les réserves et les contre-attaques.

L'utilisation limitée des vélos par les Alliés

L'utilisation alliée du vélo pendant la Seconde Guerre mondiale a été limitée, mais comprenait la fourniture de vélos pliants aux parachutistes et aux messagers derrière les lignes amies.

La Suède et ses régiments cyclistes

Dès 1939, l'armée suédoise exploitait six régiments d'infanterie cycliste. Ils étaient équipés de bicyclettes militaires suédoises produites nationalement. Le modèle le plus courant était le m/42, un roadster droit à une vitesse produit par plusieurs grands fabricants de bicyclettes suédois. Ces régiments ont été démantelés entre 1948 et 1952, et les bicyclettes sont restées pour un usage général dans l'armée, ou ont été transférées à la Garde nationale. À partir des années 1970, l'armée a commencé à les vendre comme surplus militaires. Elles sont devenues très populaires comme moyen de transport bon marché et nécessitant peu d'entretien, en particulier auprès des étudiants.

Le vélo comme "arme du peuple" dans les conflits modernes

Bien que largement utilisées pendant la Première Guerre mondiale, les bicyclettes ont été largement supplantées par les transports motorisés dans les armées plus modernes. Au cours des dernières décennies, cependant, elles ont pris une nouvelle vie en tant qu'"arme du peuple" dans les conflits de guérilla et la guerre non conventionnelle, où la capacité du cycle à transporter de lourdes charges, environ 400 lb (180 kg), à la vitesse d'un piéton, le rend utile pour les forces légèrement équipées.

Le rôle des bicyclettes dans la guerre du Vietnam

Pendant de nombreuses années, le Viet Cong et l'Armée populaire vietnamienne ont utilisé des bicyclettes pour transporter des fournitures le long du "sentier Ho Chi Minh", évitant ainsi les attaques répétées des raids de bombardement américains et alliés. Lorsqu'elles étaient lourdement chargées de fournitures telles que des sacs de riz, ces bicyclettes n'étaient souvent pas roulables, mais étaient poussées par une personne marchant à côté. Avec des cargaisons particulièrement volumineuses, les porteurs attachaient parfois des perches en bambou au vélo pour un guidage de type gouvernail (cette méthode peut encore être observée en Chine aujourd'hui).

Illustration du transport de fournitures par des vélos sur le sentier Ho Chi Minh pendant la guerre du Vietnam.

L'exfiltration d'un soldat ukrainien grâce à un drone et un vélo électrique

Une exfiltration grâce à un vélo livré par drone, voilà qui pourrait être le pitch d’un film sur Netflix jugé comme irréaliste. L'unité d'Andriy Tkachuk, dit Tankiste, est prise pour cible, au sol et par les airs. Tous sont tués, sauf lui. Grièvement blessé à la jambe par des éclats, Tkachuk parvient miraculeusement à fuir le piège russe. Il faut donc l’exfiltrer le plus rapidement et surtout le plus discrètement possible. Malheureusement, le poste ukrainien le plus proche se trouve à 1,5 km.

L'armée ukrainienne a alors la folle idée de lui faire livrer un vélo électrique par drone. Une opération qui s’avère délicate. Toutefois, l’équipe ne désespère pas et la troisième tentative de livraison est la bonne. Tkachuk grimpe sur le vélo, parcourt 400 mètres… avant de rouler sur une mine. La roue avant et la fourche explosent. Il s’en sort de justesse et se met à l’abri.

L'équipe ne baisse pas les bras. Un second vélo lui est livré. Cette fois, tout se déroule sans encombre. Deux moteurs, un GPS, une grosse batterie, le vélo n’était pas un jouet. Sur cette image, nous voyons que le vélo dispose de 2 moteurs (un dans chaque roue). Sur la partie droite du guidon, nous pouvons distinguer ce qui semble être une gâchette d’accélérateur. Un GPS maison semble avoir été greffé sous le tube diagonal du cadre. La batterie est énorme et doit dépasser les 1 000 Wh de capacité. Les moteurs étaient évidemment débridés, de quoi atteindre aisément les 50 km/h. Ajoutez à cela un prix dérisoire pour du matériel utilisé sur le champ de bataille et vous obtenez un véhicule stratégique sacrément pratique. Une idée brillante.

Schéma technique d'un vélo électrique ukrainien modifié pour un usage militaire, montrant la double motorisation et le GPS.

tags: #bataillon #bicyclette #ukraine