La Mobylette, produite par le constructeur français Motobécane, est un véhicule qui a marqué l'histoire, avec plus de 14 millions d'exemplaires vendus en 53 ans. Fondée en 1923, la société a traversé les décennies, laissant une empreinte indélébile dans le monde des deux-roues motorisés. Bien que Motobécane ait produit divers modèles, c'est la Mobylette qui a captivé le public et assuré le succès commercial de la marque.

Les origines de Motobécane et la naissance de la Mobylette
L'aventure Motobécane débute en 1923, lorsque Charles Benoît et Abel Bardin, inspirés par la tendance des moteurs auxiliaires pour vélos, s'associent à Jules Bénézegh pour créer la société. Leur objectif était de concevoir des deux-roues motorisés abordables et performants. Le premier véhicule de la marque fut la Motobécane MB1, une moto de 175 cm³, qui rencontra un succès immédiat.
Après la Seconde Guerre mondiale, l'entreprise a orienté sa production vers un engin plus léger et économique, utilisant des pièces préexistantes. L'idée était de proposer un véhicule accessible financièrement pour aider le pays à se remettre en selle. C'est dans ce contexte qu'est née la Mobylette, un modèle qui deviendra emblématique.
La Mobylette : un succès commercial sans précédent
Si Motobécane a toujours produit des motos, c'est la Mobylette qui a véritablement propulsé la marque au rang de leader mondial. Avec plus de 14 millions d'unités produites contre 2,5 millions pour les motos, son succès est indéniable. La production annuelle s'élevait à plus de 280 000 unités, faisant de Motobécane le premier constructeur de cyclomoteurs au monde.
Parmi les nombreux modèles de Mobylettes, la Motobécane 881M, produite en 2002, est l'une des dernières apparitions de ce cyclomoteur légendaire. Ce monocylindre 2 temps de 49,9 cm³ développait 2,8 chevaux, pesait 60 kg et avait une consommation annoncée de 3 L/100 km. Elle était proposée au prix de 2 000 euros.

Autres modèles emblématiques de Motobécane
Outre la Mobylette, Motobécane a également produit des motos qui ont marqué leur époque. La D45, une moto d'après-guerre, se distinguait par sa commande de vitesse dite "commande suicide", qui exigeait de lâcher le guidon pour changer les rapports.
La 350 2 temps, dernière moto construite par Motobécane avant l'arrêt de la production, sortie en 1973, n'a malheureusement pas connu un grand succès commercial malgré une technologie potentiellement en avance sur son temps. Dotée d'un allumage électronique, elle était difficile à réparer à l'époque. Sur les 755 unités produites, il en resterait une centaine en état de rouler aujourd'hui.
L'héritage de la "Bleue" et de la "Chaudron"
La Motobécane AV 88, affectueusement surnommée "La Bleue", est sans doute le modèle le plus célèbre de la famille des cyclomoteurs Motobécane. Apparue à la fin des années 1950, elle succède à l'AV87 de 1957. Construite dans les ateliers de Pantin, elle fut le cyclomoteur le plus vendu au monde grâce à sa robustesse et son design, jusqu'en 1990.
La famille des AV88, issue de l'évolution des AV76, bénéficiait d'une suspension arrière à bras oscillant et de coulisseaux amortisseurs. Les modèles ultérieurs, comme les AV89 "Chaudron", ont continué à évoluer, recevant des fourches classiques renforcées et des mécaniques éprouvées comme le moteur AV7 ou plus tard le moteur AV10.
Les AV88 ont connu une longue carrière utilitaire, notamment auprès de professionnels comme La Poste et des livreurs, mais aussi dans le monde rural. En Afrique, ces modèles continuent de servir au quotidien. En Europe, l'intérêt pour ces anciennes machines connaît un regain, de nombreux amateurs les restaurant en tant que pièces de collection ou pour un usage quotidien.
La "Chaudron", appelée "grena'" en Guadeloupe en raison de sa couleur marron orangé, y est particulièrement populaire. Importée dans les années 1960, elle représentait un symbole de transition et d'accessibilité après les restrictions de la Seconde Guerre mondiale. Son adaptation à la topographie et à l'économie locale, ainsi que son prix abordable, en ont fait un véhicule de choix pour les ouvriers.

L'importance culturelle de ces cyclomoteurs est telle qu'un film, "Ma grena' et moi", réalisé par Gilles Elie-Dit-Cosaque, a été tourné en 2003 pour en dresser un portrait. La Mobylette est ainsi devenue un baromètre social et un élément du patrimoine.
Caractéristiques techniques et aspects pratiques
Les Mobylettes Motobécane étaient équipées de moteurs 49,93 cm³, avec des évolutions vers des mécaniques plus modernes comme le moteur AV10. Certaines versions, dont des modèles 881, ont même bénéficié de l'allumage électronique.
Les caractéristiques techniques typiques incluent :
- Échappement : Tube de type Tromblon avec un volume total de 1,1 L. Le niveau sonore mesuré était de 71 dBA à plein régime.
- Alimentation du moteur : Carburateur Gurtner à passage de 12 mm, avec starter commandé par levier au guidon.
- Embrayage : Type centrifuge, s'activant automatiquement à 6 km/h.
- Dispositif de point mort : Permettant de passer en mode "cyclo" ou "vélo".
- Pneumatiques : De taille 2 1/4 x 18.
Au régime de 1 000 tr/min, la vitesse atteinte pouvait varier entre 5 km/h en petite vitesse et 8,9 km/h en grande vitesse.
L'année de fabrication et sa signification
L'année de fabrication d'une Mobylette Motobécane peut influencer plusieurs aspects :
- Valeur rétro : Les modèles plus anciens peuvent avoir une valeur de collection plus élevée.
- Législation et immatriculation : Les règles de circulation varient selon l'âge du véhicule, notamment en matière d'immatriculation et de conformité environnementale.
- Assurance : Les tarifs d'assurance peuvent être ajustés en fonction de l'âge de la mobylette.
De 1949 à 2000, le numéro de moteur servait de référence pour estimer l'année de fabrication, tandis que les numéros de cadre suivaient une évolution par modèle. Il est à noter que Motobécane et Motoconfort partageaient les mêmes chronologies de numéros de moteur, avec des références AV pour Motobécane et AU pour Motoconfort.

Passion et patrimoine : la Mobylette aujourd'hui
Des passionnés comme Sylvain Renoud maintiennent vivant le souvenir de ces cyclomoteurs. Sylvain possède une Mobylette 881M de 2002, qu'il décrit comme le "dernier modèle fabriqué". Il s'adonne à la restauration de véhicules anciens, une passion qu'il partage avec Guy Blanc, président de l'association Mémoire paysanne.
"Ce n’est pas la vitesse qui m’intéresse", explique Sylvain, "plutôt l’authentique". Son objectif est de partager sa passion avec d'autres amateurs lors de sorties en deux-roues.
L'héritage de la Mobylette perdure, rappelant une époque et accompagnant des générations. Pour beaucoup, elle évoque des souvenirs d'enfance, de famille ou de premières expériences d'autonomie. Elle reste un symbole de fiabilité, d'utilité et d'un pan important de l'histoire industrielle et sociale.
Mobylette Motobecane av44 Restauration complète. Chefs-d'œuvre français. modèle 1969
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