Du côté d'Hollywood, un nouveau projet live-action est dans les tuyaux. Après Le Roi Lion et Mulan, c'est au tour de La Petite Sirène d'avoir droit à son remake. Prévu pour 2021, le film réalisé par Rob Marshall se compose entre autres de Halle Bailey dans le rôle principal, Javier Bardem et Melissa McCarthy.
L'histoire d'Ariel : Fidélité et divergences
L'histoire reste fidèle à celle du dessin animé Disney sorti en 1989 : Ariel, une jeune sirène princesse du royaume d'Atlantica, est fascinée par le monde des humains. Et ce, malgré les avertissements de son père, le roi Triton, et de son conseiller, le crabe Sébastien. Ariel tombe amoureuse du prince Eric, dont elle espionne la fête d'anniversaire qui a lieu sur un bateau. Alors qu'une tempête survient, Ariel sauve Eric de la noyade, puis lui chante une chanson pour lui faire reprendre conscience, avant de se sauver lorsqu'il reprend ses esprits. Mais, trop tard, le prince a été charmé et veut retrouver la personne à qui appartient cette voix pour l'épouser. La suite est prévisible : ils se marient et eurent beaucoup d'enfants.

Pas de happy end pour « La Petite Sirène » de Hans Christian Andersen
Dans le conte original de Hans Christian Andersen, publié en 1837, l'histoire prend une tournure bien plus sombre. On n'y trouve ni Polochon, ni crabe, ni goéland parlant, encore moins de chanson aussi enjouée que « Sous l'océan ». Le répertoire d'Andersen est plus cru.
Dans sa version, la princesse ne tombe pas amoureuse du prince dans le but de l'épouser, mais elle cherche à le séduire dans l'unique but d'obtenir une âme éternelle. Les sirènes en sont dépourvues et ne peuvent en acquérir qu'à la condition qu'un humain les aime et les épouse.
La sorcière des mers, bien plus cruelle qu'Ursula, aide Ariel à devenir humaine à condition de lui couper la langue. La transition entre sa queue de sirène et ses jambes humaines est beaucoup plus douloureuse. L'auteur compare ses nouveaux membres à des couteaux qui la transpercent lorsqu'ils poussent et la font souffrir lorsqu'elle marche. Ce supplice annonce la fin peu heureuse du conte d'Andersen, puisque le prince se marie avec une autre princesse. Sa mission échouée, la malédiction va donc s'abattre sur la petite sirène. Son cœur se brisera et elle deviendra une écume de mer. Sauf si, comme lui proposent ses sœurs, elle poignarde le cœur du prince. Après quoi elle pourrait redevenir une sirène. Mais Ariel s'y refuse. Elle préfère faire face aux conséquences et se jette dans l'eau. Cependant, elle ne meurt pas vraiment ; elle est récompensée pour sa bonne action en rejoignant « les filles de l'air », un paradis métaphorique.

« La Petite Sirène » : Un conte de fée autobiographique ?
À la manière dont on retrouve un peu de la vie de J.M. Barrie dans le personnage de Peter Pan, Hans Christian Andersen se confie à travers l'histoire de La Petite Sirène. Dans les années 1820, Jonas Collin, homme politique danois et mécène des arts influent, prend Hans Christian Andersen et ses origines modestes sous son aile. Celui-ci débarque à Copenhague pour la toute première fois avec une réputation qui reste à construire. Collin joue de ses relations pour lui obtenir une bourse d'étude du roi Frédéric VI afin d'intégrer le collège de Slagelse.
C'est ainsi qu'Andersen devient un membre à part entière de la famille Collin, Jonas étant comme un père pour lui. L'écrivain s'amourache d'Edouard Collin, le fils, mais ce dernier n'éprouve pas les mêmes sentiments à son égard. « Je me languis de toi comme d'une belle fille de Calabre. Mes sentiments pour toi sont ceux d'une femme. Mais la féminité de ma nature et notre amour doivent demeurer un secret », lisait-on dans une lettre d'Hans Christian Andersen destinée à son amant interdit. Mais le secret n'a été que de courte durée, puisque dans ses mémoires, parues après la mort d'Andersen, Edouard Collins revient sur sa relation avec Andersen par ces mots : « Je me trouvais dans l’impossibilité de répondre à cet amour, et cela a fait beaucoup souffrir Andersen ».
Le remake de Disney : Un succès critique et commercial
Le dessin animé de 1989 a tiré le département animation de Disney du marasme. Plombé par l'échec de "Taram et le chaudron magique", le studio peinait à trouver un second souffle. En grand professionnel de la comédie musicale - on lui doit "Chicago" et "Le retour de Mary Poppins"-, le réalisateur Rob Marshall a conservé la partition du dessin animé "La petite sirène", et l'a amplifiée avec trois nouvelles chansons (cosignées par Lin-Manuel Miranda, le nouveau compositeur/chorégraphe providentiel de Disney) et des chorégraphies assez spectaculaires.
Côté casting, Marshall évacue toute polémique : s'il a choisi Halle Bailey pour incarner Ariel, c'est parce qu'elle s'imposait au-dessus de la mêlée aux auditions. Astucieusement, il a déplacé le conte d'Andersen dans une ambiance tropicale et bariolée, où les couleurs de peau se marient harmonieusement. Cela lui permet aussi quelques ajouts dans le scénario : le prince Eric dont Ariel tombe amoureuse est un enfant adopté, et sa mère la reine est afro-américaine.
Et comme l'actrice principale est inconnue du grand public, Marshall a convié des stars autour d'elle : Javier Bardem en Roi Triton et Melissa McCarthy en sorcière Ursula s'en donnent à cœur joie, et font bien le job. Jonah Hauer-King a tout ce qu'il faut pour devenir la prochaine sensation hollywoodienne. L'acteur britannique de 27 ans est actuellement à l'affiche du remake en live action de La Petite Sirène de Disney.

Jonah Hauer-King : Le Prince Eric face au succès
« C’est mon premier très gros film, et c’est super excitant », confiait Jonah Hauer-King depuis sa suite de l’hôtel Corinthia, à quelques heures de l’avant-première londonienne. On a déjà pu voir le jeune Anglais dans Les Filles du Docteur March ou dans la série sur la Seconde Guerre mondiale World on Fire, disponible sur Disney Plus.
« J’ai eu quelques années pour prendre la mesure de l’ampleur du film, car j’ai commencé à m’y préparer en avril 2019 », explique-t-il. « Quatre longues années de production, interrompues par le Covid, et maintenant, on le présente enfin au monde entier. » La tenue qu’il a choisie pour la première en témoigne. « Je voulais faire un clin d’œil aux grands noms du vieil Hollywood, qui m’inspirent énormément », explique-t-il. Pour son grand soir sur le tapis bleu, Hauer-King voulait tenter quelque chose de nouveau, cette avant-première dans sa ville natale revêtant pour lui une importance toute particulière. « Je suis un enfant de Londres, c’est chez moi ici », précise-t-il. La projection avait d’ailleurs lieu dans un cinéma situé à deux pas de l’immeuble où Spotlight a mené son casting.
Épousant au plus près sa silhouette, le costume croisé crème à la coupe impeccable, que l’acteur a choisi dans la dernière collection Purple Label de Ralph Lauren, se veut un coup de chapeau à ses héros Steve McQueen et Paul Newman. « Pour moi, ils représentent le summum du cool, toujours impeccables quelle que soit l’occasion. McQueen restera à jamais mon idole, l’homme que j’admire le plus », s’enthousiasme-t-il. « Cette tenue ne ressemble à rien de ce que j’ai pu porter auparavant. Mais sans ironie. La couleur elle-même était un hommage à toute une série de héros de Disney, du prince charmant à Naveen. La couleur sable de son shantung de soie italien est une référence à La Petite Sirène, dont le tournage s’est déroulé en partie sur les plages de Sardaigne. »
« C’est un costume très traditionnel comme je n’ai pas l’habitude d’en porter, mais la matière lui ajoute un petit je-ne-sais-quoi et permet de faire référence à mon personnage », explique-t-il. « J’ai toujours privilégié le confort au style, parce que ce genre d’événements peut être épuisant. Il n’en a d’ailleurs pas vraiment envie. « C’est fait, et même si c’était incroyable, et plus fou que tout ce dont j’avais pu rêver, je ne le referai pas. J’ai coché la case », dit-il, « Une princesse Disney, à la limite, pourquoi pas… », lâche-t-il dans un grand rire.
Le jeune homme ne lève pas le pied pour autant. Une semaine avant le jour de l’entretien, il a terminé le tournage de la série en six parties Le Tatoueur d’Auschwitz. Il s’apprête à prendre une pause bien méritée. Ou pas. « Je dis ça, mais l’idée d’une longue pause me paraît aussi un peu étrange. La Petite Sirène a été une partie importante de ma vie pendant quatre ans, alors c’est bizarre de passer à autre chose. Mais c’est aussi très libérateur. »
Le "Mermaidcore" : L'imaginaire des sirènes inspire la mode
C'est une tendance mode qui émerge depuis ces dernières saisons et que la sortie prochaine du très attendu live action de Disney “La Petite Sirène” va certainement placer au devant de la scène. Il suffit de regarder les textures des pièces des derniers défilés, leurs coloris pastels dominés par des teintes de bleu et de violet, les maquillages glossy presque magiques et même le wet hair arboré massivement par les mannequins sur le catwalk. Le mermaidcore, inspiré de l'imaginaire des sirènes, est l'une des tendances majeures du moment.

On sait depuis plusieurs années que c'est Halle Bailey, chanteuse du duo Chloe x Halle et petite protégée de Beyoncé, qui incarnera sur les écrans cette princesse mythique de Disney. L'engouement que suscite le film est exponentiel, d'autant plus depuis le reveal de la bande-annonce en septembre 2022, où l'on voyait enfin Halle Bailey dans son rôle d'Ariel, entraînant une vague de réactions vidéos positives sur les réseaux sociaux. Incarnée par une actrice noire, “La Petite Sirène” est devenu instantanément un symbole de représentation, les films Disney ne comportant jusqu'à présent que très peu de princesses racisées. Et qui dit symbole, dit aussi future inspiration majeure pour la mode.
Depuis quelques années, les maisons de luxe se sont emparées du phénomène mermaidcore, à commencer par Versace en septembre 2020, qui, pour sa collection printemps-été 2021, a présenté des looks aux références aquatiques, avec des robes à bustier en forme de coquillage, des broderies étoile de mer et des bijoux inspirés des crustacés.
Très vite, les stars se sont également intéressées à cette tendance - faite de tissus métallisés, de vêtements plissés près du corps et de sequins. Dua Lipa porte par exemple l'une des robes de cette collection Versace lors des American Music Awards dès fin 2020. Puis, ce sont des marques plus confidentielles comme Di Petsa qui attirent les célébrités les plus en vogue pour leurs looks de sirènes. On voit notamment la top Bella Hadid porter l'un de leurs wet look en été 2021, s'appropriant à son tour la tendance.
Mais l'imaginaire des sirènes a pris toute son ampleur lors de la dernière Fashion Week fin septembre. On y a vu la collection de Ludovic de Saint Sernin à Paris lui rendre directement hommage : « J'ai grandi en regardant la petite sirène, c'était mon film préféré, explique le créateur. (…) Depuis, je suis obsédé par la petite sirène et les sirènes en général, je les référence souvent dans mon travail. »
Suite à cela, quelques-unes des icônes mode du moment ont continué de porter des looks tout droit tirés du monde marin. Une semaine plus tôt, c'était Sydney Sweeney, star de la série Euphoria, qui confirmait son statut mode dans une robe scintillante Armani en crochet bleu océan. Un sans-faute. Fin septembre, c'était la nouvelle icône Julia Fox qui jouait le jeu avec une tenue de la marque Weiran, dont le buste semblait constitué d'eau et la jupe rappelait la queue des sirènes.
Mais ce phénomène ne touche pas que la mode. Sur les défilés de la Fashion Week, impossible de manquer les looks make-up aux teintes océaniques de bleu et de violet comme chez Etro ou Off-White. La tendance se globalise même jusqu'aux cheveux puisque l'on voit - depuis le wet look de Kim Kardashian au MET Gala en 2019 - l'effet wet hair prendre de plus en plus de place sur les podiums.
Cette tendance trouve même sa place dans la pourtant intemporelle haute joaillerie qui s'inspire des fonds marins et des créatures de l'océan. Impossible de ne pas évoquer la dernière collection de haute joaillerie de Bulgari intitulée Eden, the Garden of Wonders, dont plusieurs créations sont inspirées de l'océan.
Le mermaidcore se décline aussi dans des bijoux comme avec la collection “Étoile de Mer" d'Isabelle Langois, le pendentif Nautilus d'Aurélie Bidermann, ou encore les Coral Twist Ear Hoop du très pointu Hugo Kreit. Phénomène global donc, qui touche aussi bien la mode, la beauté et la joaillerie.