L'aménagement des pistes cyclables en milieu urbain

Le code de la route prévoit des aménagements pour protéger les usagers les plus vulnérables, comme les pistes cyclables par exemple. Cela est d’autant plus nécessaire quand on sait qu’un grand nombre d’accidents incluant des cyclistes sont mortels.

Qu'est-ce qu'une piste cyclable ?

Définition et réglementation

L’article R110-2 du code de la route définit la piste cyclable comme étant une « chaussée exclusivement réservée aux cycles à deux ou trois roues et aux engins de déplacement personnel motorisés » (y compris ceux à pédalage assisté), conduits par des usagers de plus de 8 ans. Pour pouvoir les qualifier de pistes cyclables, le code de la route prévoit que ces dernières doivent être isolées par rapport aux autres usagers et physiquement séparées de la chaussée. Par exemple, elles doivent être délimitées par un terre-plein non franchissable, ou installées sur les trottoirs.

Schéma illustrant la séparation physique d'une piste cyclable de la chaussée par un terre-plein.

Dimensions réglementaires

Pour faciliter la circulation, la largeur des pistes cyclables est réglementée et doit être :

  • de 2 mètres 16 pour une piste à sens unique,
  • de 3 mètres pour une piste cyclable bidirectionnelle.

Par ailleurs, si la piste cyclable se situe dans le sens opposé à la circulation, il est recommandé d’y ajouter une bande complémentaire de 50 cm.

Fonction et justification

Lorsque le trafic routier est rapide ou intense, le partage de la chaussée par différents usagers roulant à des vitesses différentes n’est pas évident. Les conducteurs de véhicules encombrants ou d’automobiles peuvent être gênés par les cyclistes qui les ralentissent et qu’il n’est pas toujours aisé de dépasser. De même, les conducteurs de deux roues non motorisés peuvent être effrayés par ces véhicules beaucoup plus rapides qui peuvent être particulièrement dangereux pour eux en cas de collision. C’est pour pallier à ces désagréments que, depuis 1977, l’État français a décidé de faciliter l’usage du vélo en ville en cofinançant, avec les communes l’installation d’un grand nombre de pistes cyclables.

Différence entre piste cyclable et bande cyclable

Le code de la route différencie les pistes cyclables des bandes cyclables, qui ne sont pas séparées de la chaussée mais la longent. En d’autres termes, les bandes cyclables sont des files de circulation qui font partie intégrante des voies. Ces dernières sont, par ailleurs, signalées par un marquage au sol blanc constitué d’un pictogramme de vélo directement tracé sur la chaussée, d’une ligne continue ou discontinue, ou encore d’un marquage au sol jaune provisoire.

Les règles de circulation sur les pistes cyclables

Qui peut emprunter les pistes cyclables ?

Généralement les pistes cyclables sont réservées à la circulation des cycles, c’est-à-dire des « véhicules ayant au moins deux roues, propulsés exclusivement par l’énergie musculaire des personnes se trouvant dessus, notamment à l’aide de pédales ou de manivelles ». Toutefois, « l’autorité investie du pouvoir de police » d’une commune (mairie ou préfet de police) peut autoriser les cyclomoteurs et les scooters à emprunter les pistes cyclables, conformément à ce que prévoit le Code de la route, dans le deuxième alinéa de l’article R431-9. Par ailleurs, le code de la route autorise également les voies mixtes pistes cyclables et piétons.

Positionnement et sens de circulation

Les pistes cyclables peuvent être à double sens ou à sens unique et, dans ce cas, on en trouve de chaque côté de la route. La circulation se fait à droite, comme pour les voitures sur la chaussée. Le code de la route prévoit que les cyclistes peuvent y rouler seuls, de front, mais aussi y circuler en groupes. Dans ce cas, tout comme sur les autres voies, ils devront rouler côte à côte et à deux vélos maximum, de manière à ne pas gêner la circulation.

Règles de priorité

Les règles du code de la route relatives à la circulation des vélos indiquent que les cyclistes sont toujours prioritaires quand ils circulent sur une piste cyclable, sauf si des feux ou un marquage au sol indiquent le contraire. Par ailleurs, les cyclistes, même s’ils circulent sur piste cyclable, sont soumis aux règles du code de la route. C’est ainsi que, lorsque la situation se présente, ils devront respecter les règles de priorité, la réglementation inhérente aux passages piétons, les panneaux cédez le passage et les feux de signalisation.

Obligation ou recommandation ?

Depuis le décret 98-828 mis en place le 14 septembre 1998, les cyclistes n’ont plus l’obligation d’emprunter les pistes cyclables. Il s’agit, en effet, de voies conseillées, hormis si elles sont annoncées par un panneau B22a « piste cyclable obligatoire ».

Pistes cyclables et infractions au code de la route

Sanctions pour les cyclistes

Même s’ils circulent sur des voies spécialement aménagées et conçues pour leur permettre de rouler en toute sécurité, les cyclistes doivent tout de même être équipés de vélos pourvus de bons freins, de feux avant et arrière fonctionnels et d’un avertisseur sonore. Si tel n’est pas le cas, ils écoperont, en cas de contrôle, d’une amende de 11 euros pour équipement manquant ou défectueux. Par ailleurs, le cycliste est tenu d’être en bonne condition physique lorsqu’il roule à vélo. Cela signifie qu’il ne doit pas être sous l’emprise de drogues ni circuler en ayant consommé de l’alcool au volant, sous peine de s’exposer à une amende de 135 euros.

Sanctions pour les autres usagers

Réservées à un certain type d’usagers de la route, les pistes cyclables doivent rester libres et ne sont donc en aucun cas autorisées au stationnement. C’est ainsi que l’arrêt ou le stationnement d’un véhicule sur une piste cyclable peut être puni d’un retrait de 3 points sur le permis et de 135 euros d’amende. Par ailleurs, emprunter une piste cyclable en voiture, en moto ou via tout autre véhicule motorisé non autorisé est passible d’une amende de 135 euros, qui n’engendre toutefois pas de retrait de point sur le permis de conduire.

Le développement des infrastructures cyclables en France

Un réseau en expansion

Les pistes cyclables et autres voies permettant de faire de belles balades et randonnées à vélo sont désormais légion en France. Néanmoins, si vous circulez à un endroit où aucune voie de circulation dédiée aux cyclistes n’existe, vous devrez impérativement emprunter la chaussée, aux côtés des autres usagers motorisés. Les pistes cyclables sont situées majoritairement le long des axes principaux du réseau viaire où une mixité des modes n’est généralement pas recommandée. Elles contribuent au développement de la pratique du vélo à condition de garantir un haut niveau de service à tous les usagers.

Carte de France indiquant le réseau d'itinéraires cyclables aménagés.

Ambitieux objectifs nationaux

La France ambitionne une forte croissance de la part modale vélo. Ceci ne peut se réaliser que si les aménagements cyclables proposés s’adaptent pour accueillir les nouveaux cyclistes, qu’il s’agisse d'enfants à vélo, de familles avec des remorques, ou d'utilisateurs de vélo cargo. Cette ambition suppose de réinterroger l’offre quantitative mais également qualitative des pistes cyclables. En effet, les situations où des cyclistes circulent sur la chaussée alors qu’une piste cyclable peu attractive existe en parallèle sont encore trop nombreuses. D’une part, ces dysfonctionnements engagent la crédibilité du maître d’ouvrage, car les investissements publics peuvent être perçus comme inefficaces. D’autre part, les relations entre les cyclistes et les autres usagers peuvent s’en trouver dégradées : le cycliste donne l’impression de ne pas circuler là où il le devrait. Afin de garantir leur efficacité, leur confort et leur attractivité, les pistes cyclables doivent répondre à des principes rigoureux de conception.

Les réseaux cyclables nationaux et européens

Pour son territoire, la France dispose d'un schéma des aménagements cyclables. Ce schéma a pour objectif de doter notre pays d'un réseau continu d'itinéraires cyclables longue distance. Un aménagement cyclable peut être une piste cyclable, une voie verte ou simplement une route à faible circulation jalonnée. L’objectif est de constituer un réseau d’itinéraires cyclables continus et interconnectés entre eux. En 2021, la France disposait de 18 848 km d'itinéraires aménagés, avec un objectif d'atteindre 25 587 km en 2030.

Le réseau cyclable français s'inscrit également dans un ensemble d'itinéraires Européens, appelés EuroVelo, qui totalisera 90 000 km lorsque finalisé ! Il existe 17 itinéraires EuroVelo en Europe et 10 d'entre eux traversent la France. Les itinéraires vélos nationaux, appelés également véloroutes, sont de grands itinéraires à vocation touristique permettant de découvrir la richesse et la diversité du territoire et du patrimoine français.

Les infrastructures cyclables et les solutions à développer

La promotion de la mobilité douce

L’année dernière se tenait le premier comité interministériel « Vélo et marche » pour la promotion de la mobilité douce en ville. L’engouement est là : ces pratiques ont augmenté de plus de 50 % en l’espace de 5 ans. L’engagement des collectivités pour la création d’itinéraires cyclables sécurisés y est pour beaucoup.

Qu’est-ce qu’une ville adaptée au cyclistes?

Investissements et cadre législatif

Avec les collectivités locales, l’État entend mettre sur la table plusieurs milliards d'euros afin de faire du vélo une alternative concrète et durable pour les trajets du quotidien. Une part importante des investissements en faveur du développement de la mobilité douce en ville est dédiée à la création d'itinéraires cyclables sur le territoire des collectivités. Ces aménagements offrent des conditions de circulation à vélo plus sécurisées que sur le reste de la chaussée. Leur mise en place était déjà prévue par le cadre législatif des années 1990, avec la loi LAURE qui a jeté les bases des politiques de mobilité durable et écoresponsable en milieu urbain.

Différents types d'aménagements

Ces circuits peuvent être symbolisés par un marquage au sol ou un terre-plein. Dans le premier cas, une partie de la chaussée est réservée pour créer un couloir de circulation dédié, on parle alors d’une bande cyclable. Dans le second, il ne s’agit plus seulement d’une ligne symbolique, mais d’une séparation infranchissable. Cet aménagement est aussi appelé piste cyclable. Il est également possible de créer des couloirs où cohabitent plusieurs usagers de la route comme les couloirs vélo bus. La définition de zones de circulation apaisée ou de zones de rencontre sont d'autres moyens d'améliorer les conditions de circulation à vélo en ville.

Avantages et inconvénients des solutions pour le vélo en ville

Avantages et limites de la bande cyclable

Pour la collectivité, la bande cyclable présente l’avantage d’être moins lourde en travaux, en budget et en entretien. La largeur minimale de cette voie est de 1,5 m, sans compter le marquage au sol. Cette solution peut suffire lorsque le trafic cycliste sur le périmètre reste faible à modéré. Si la bande cyclable augmente le confort de circulation, les usagers ne se sentent pas pour autant en sécurité. Ils restent exposés aux conduites à risque des automobilistes ou au non-respect des interdictions de stationnement pouvant encombrer leur voie. Par ailleurs, si la bande cyclable longe une zone de stationnement longitudinal, il est important de prévoir un espacement supplémentaire de 50 cm afin d’éviter les accidents liés à l’ouverture des portières du côté de la chaussée.

Intérêt de la piste cyclable pour les usagers

La piste cyclable offre aux cyclistes des conditions de circulation privilégiées. Le terre-plein les protège physiquement et crée un sentiment de sécurité essentiel pour favoriser la pratique du vélo en ville. Pour une piste cyclable unidirectionnelle, il faut prévoir 2 à 2,5 mètres de large afin que les usagers puissent se doubler. En bidirectionnel, il faut compter 3 mètres minimum, et 3,5 mètres en cas de trafic cycliste important. La principale difficulté à anticiper sur cet aménagement est l’insertion aux carrefours.

La voie verte : le cadre et la sécurité

La voie verte est l'aménagement optimal. Les usagers prennent plaisir à circuler dans un environnement sécurisé à l’écart du tumulte de la chaussée et dans un cadre arboré et végétalisé qui évoluent au fil des saisons. Réservée aux véhicules non motorisés, sa largeur recommandée est de 3 m. Elle est idéalement aménagée de façon à limiter le nombre d’accès riverains et de croisements avec le réseau routier.

Les couloirs vélo-bus

Le couloir vélo-bus fait partie de l’attirail des solutions relativement simples à déployer pour le vélo en ville. Cette voie est d’au moins 3 mètres pour les couloirs ouverts et de 4,5 mètres pour un couloir fermé. Pour les couloirs fermés bidirectionnels, la largeur minimale est de 6,30 mètres. Dans certains cas, le couloir est aussi accessible aux taxis. Bien que pratique, le couloir vélo-bus fait cohabiter un usager vulnérable, le cycliste, avec des bus et des véhicules de transport avec chauffeur. Plus la circulation est dense, plus cette situation devient une source d’inconfort pour les usagers à vélo.

Les zones de circulation apaisée

Ces zones sont ouvertes à tous les usagers, mais imposent une vitesse réduite permettant de se passer d'aménagements cyclables spécifiques. Par exemple, sur une zone de rencontre à faible trafic motorisé, la vitesse maximale autorisée est fixée à 20 km/h. Les piétons et les cyclistes peuvent ainsi cohabiter plus sereinement avec les automobilistes. Le principe est le même pour les zones 30, même si la vitesse maximale est plus élevée. Dans les deux cas, les rues sont à double sens pour les cyclistes (sauf exception).

Les difficultés d’aménagement cyclables et leurs solutions

Aménagement des carrefours

Pour l’aménagement des carrefours, il faut veiller à ce que tous les usagers bénéficient d’une visibilité optimale. L’automobiliste notamment doit pouvoir percevoir clairement l’itinéraire cyclable. Mettre en place des rayons de giratoire plus faibles permet de réduire la vitesse des véhicules. Qu’est-ce que le giratoire hollandais ? Le giratoire hollandais est un rond-point spécialement aménagé pour séparer l’anneau cyclable de celui emprunté par le véhicule motorisé. Ces configurations garantissent la continuité du confort d’une piste cyclable sur les carrefours à sens giratoire.

Illustration d'un giratoire hollandais séparant les flux cyclistes et motorisés.

Transmission de l'information

En parallèle de la mise en place d'aménagements cyclables concrets, il faut déployer des moyens d'information clairs et compréhensibles par tous. Cela peut être des feux tricolores spéciaux avec une signalisation dédiée aux cyclistes ou l'insertion de panneaux M12. Le panneau M12 est en fait un panonceau qui signale un mouvement directionnel autorisé pour les cyclistes dans les carrefours à feux.

Le stationnement des vélos

Pour que les usagers privilégient le vélo aux véhicules personnels motorisés, il faut aussi penser au stationnement disponible au départ et à l’arrivée. Des associations comme Place à vélo Loire-Divatte œuvrent pour promouvoir la pratique du vélo au quotidien et mènent des actions pour favoriser la mobilité à vélo sur leur territoire.

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