Une Disparition en Formule 1, une Résistance en MotoGP
Le sujet du bannissement des grid girls du paysage des sports mécaniques reste très difficile à aborder. Cependant, lorsque la décision d'une telle interdiction est prise par un comité composé exclusivement d'hommes, il est difficile d'y adhérer. En premier lieu, il serait de bon ton de connaître l'avis des principales intéressées, pourtant, celles-ci n'ont jamais eu le droit de citer en F1.
Depuis maintenant quelques années, les grid girls ont littéralement disparu des grilles de départ en Formule 1. À l'exception du Grand-Prix de Monaco, l'Automobile Club de la Principauté ayant décidé de ne pas suivre la consigne. Pourtant, en MotoGP et dans quelques autres disciplines, les jeunes femmes, dont certaines sont professionnelles, continuent de poser fièrement à côté des pilotes sur la grille.
Cela tient tout simplement aux décisions des décideurs. En F1, c'est Liberty Media qui avait jugé comme "dégradant" leur rôle sur les Grands Prix. Alors, maintenant que nous sommes habitués à ne plus les apercevoir en Formule 1, pouvons-nous dire que cela nous manque ? Probablement que non. L'essence même de la F1 résidant dans les courses elles-mêmes et non dans les activités se déroulant juste avant ou après le lancement d'une séance ou d'un Grand Prix.
Sachant que si nous avions réellement œuvré pour la parité, il aurait suffi d'engager des grid boys à leurs côtés, ce qui s'est vu notamment à Monaco, dans un esprit 50/50 sur les grilles. Toujours est-il que leur statut et leur présence ne sont visiblement pas menacés, pour le moment, sur les grilles de départ du championnat du monde de MotoGP.

Le Grand Prix de France Moto : Faut-il Interdire les Grid Girls ?
La question de l'interdiction des grid girls et des umbrella girls au MotoGP se pose avec acuité, notamment lors d'événements majeurs comme le Grand Prix de France Moto au Mans. Le promoteur Claude Michy a tenu à rassurer les adeptes de cette compétition de moto qu'il n'y aurait aucun changement à ce niveau et que les umbrella girls continueraient d'être présentes sur les circuits. Il a déclaré à ce propos : "Interdire les Grid Girls du GP Moto, c'est comme interdire les danseuses au Moulin Rouge."
Il a ajouté que tant que la loi n'interdira pas leur travail, elles continueront d'exercer leurs fonctions. Le pilote moto cannois Johann Zarco a lui aussi exprimé son soutien aux Grid Girls et a affirmé qu'il ne comprenait pas que ce métier soit jugé comme rabaissant. "C'est un métier nécessaire dans notre univers. Il fait partie du show du GP Moto France. On ne dégrade pas la femme, au contraire ! On la met en valeur."
Parmi les umbrella girls présentes ce week-end au Mans, Angelina, une Sarthoise, se montre enthousiaste : "Être en plein cœur du truc, c'est génial", assure-t-elle. "Je suis motarde." Et pourquoi pas des hommes ? ajoute-t-elle. Comme au Grand Prix d'Espagne, où le job est devenu "mixte il y a deux ans. Sur la grille de départ, il y a les hommes côté pair et les femmes côté impair. Ils et elles sont plutôt habillés en costumes traditionnels andalous", témoigne Jean-Aignan Museau.

Une Tradition Glamour Face aux Mouvements Féministes
Les "Grid Girls", ces mannequins qui portaient les parapluies ou les pancartes-numéros des pilotes lors des courses, ont été écartées des circuits de Formule 1. L'une d'elles a affirmé que c'était là "un pas en arrière pour les femmes". Mais pourquoi cette décision ? Il s'agit du fruit d'un lobbying exercé par des féministes convaincues que l'exhibition de femmes légèrement vêtues, choisies sur le seul critère de leur beauté et reléguées à des tâches futiles lors de ces compétitions, était dégradante pour elles et pour l'ensemble de la gent féminine.
Ceci est la polémique du moment qui divise actuellement la Formule 1. Cependant, en MotoGP, les hôtesses des Grands Prix ne sont pas menacées à ce jour, la Dorna n'ayant pas suivi les traces de ses homologues de la F1. En dehors de l'initiative locale - et vaine - d'un parti politique catalan l'an dernier, leur présence reste assurée.
"Si on part sur ces dérives, on peut penser que le Moulin Rouge va s'arrêter, le Lido, le Crazy Horse, le Salon de la lingerie", pointe Claude Michy, assurant que si une loi devait interdire la présence d'hôtesses, celle-ci serait bien entendu respectée. Puisque ce n'est pas le cas à ce jour, "au Grand Prix de France moto vous aurez les charmantes hôtesses qui feront leur métier", indique-t-il, "et c'est une pratique qui pour nous est importante."
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Le Point de Vue des Pilotes et des Décideurs
Johann Zarco s'est lui aussi montré critique de la décision des patrons de la F1, espérant qu'une mesure similaire ne s'étendra pas au MotoGP. "Je pense que c'est ridicule, cette interdiction. On part dans une mauvaise spirale", a déclaré le Français. "C'est un métier, on fait du spectacle et lorsque l'on va sur un Grand Prix il y a un show."
Il est important de noter que le rôle des umbrella girls, par exemple, a évolué. Au départ, ce rôle était tenu par les petites copines des pilotes ou les mécaniciens. Aujourd'hui, le parapluie sert à protéger le pilote mais aussi à montrer la marque, ajoutant une dimension promotionnelle.