Préparation et Cohésion d'Équipe
L'Entraîneur National, Fred Weill, fort d'une expérience inégalée en matière d’ISDE, a supervisé une semaine de préparation intensive et de repérage pour les Six Jours d'Enduro à Brive. Il dresse un bilan déjà très positif de cette phase préparatoire, soulignant la mise en place des éléments clés : « Les pièces du puzzle se mettent bien en place ; les pilotes ont bien bossé, ils ont repéré les spéciales quasiment deux fois toutes, et ils sont bien concentrés. Ils connaissent bien les parcours, ils s’aident pour répéter leurs notes et tout cela met en confiance car c’est comme çà qu’on apprécie encore mieux l’effet de groupe, la cohésion. »
La nouvelle règle limitant l'équipe à quatre pilotes en Trophée, sans joker, a été discutée. Fred Weill rappelle les difficultés rencontrées par d'autres équipes l'année précédente, mais exprime une confiance basée sur une préparation rigoureuse : « Avec la nouvelle règle qui fait qu’il n’y a plus que quatre pilotes en Trophée sans aucun joker, on a vu l’an passé plusieurs équipes de pointe qui se sont éliminées toutes seules, en perdant un de leur pilote. Finir à quatre reste un objectif, ceci étant quand il y avait 6 pilotes dans l’équipe on a très souvent terminé à 6, sans perdre personne ; on se dit qu’on est plutôt bien préparé à cela, même si le risque de problème physique ou mécanique existe toujours. On en a longuement parlé avec les pilotes, ils en sont conscients. »
Fred Weill se montre fier de l'organisation et de l'engagement de tous : « Rien qu’en arrivant dans le paddock, on voit que les choses sont très bien organisées, il y a eu un gros travail d’effectué. Les spéciales sont super bien tracées, on est accueilli encore un peu mieux que les autres du fait qu’on est Français, les gens des clubs n’hésitent pas à demander leur avis aux pilotes. J’ai pu rouler dans quelques chemins avec Jean Luc Miroir, le travail de nettoyage des chemins est impressionnant ! Je pense qu’on va vivre une super course, qui restera dans les annales. »

Comprendre les Parcours d'Enduro
Il est essentiel de distinguer les différentes pratiques du VTT pour apprécier la complexité des parcours d'enduro. Voici une classification des types de parcours :
- All Mountain / XC : Randonnée classique, souvent en boucle, avec un dénivelé positif et négatif équilibré. Les chemins sont généralement roulants, privilégiant l'effort physique à la technicité.
- Enduro : L'intérêt principal réside dans la descente, souvent technique et engagée. Les montées s'effectuent par la route ou des chemins larges, le plaisir étant focalisé sur la descente.
- DH / Gravity : Seule la descente est pratiquée à vélo, la montée étant assurée par des navettes ou des remontées mécaniques. La difficulté est signalée par des couleurs dans les bikeparks.
- Possible : Indique un parcours praticable en VAE sans portage, mais non testé dans cette configuration par l'auteur.
Cotation Technique des Parcours
Les cotations techniques des parcours d'enduro, allant de 1 à 5, représentent une moyenne sur toute la section et non la difficulté maximale d'un passage. Elles reflètent le spectre de pratique du VTT :
- Niveau 1 : Voies larges, pistes ou sentiers étroits sans grandes courbes, quasi plats ou lisses.
- Niveau 2 : Sentiers larges, peu pentus, avec peu d'obstacles. Le placement sur le vélo consiste à incliner la machine pour négocier les virages.
- Niveau 3 : Sentier étroit (environ 30 cm) et sinueux, sans obstacles majeurs nécessitant un fort ralentissement. Le positionnement précis du corps est requis, notamment dans les épingles et les zones raides. C'est le niveau de la majorité des pratiquants réguliers.
- Niveau 4 : Sentier étroit et sinueux présentant des difficultés obligeant à placer la roue avec précision, à adopter un positionnement corporel très étudié et à moduler le freinage pour passer lentement. Des marches, épingles fermées, terrains fuyants et fortes pentes peuvent être rencontrés.
- Niveau 5 : Au-delà de la difficulté du niveau 4, ce niveau exige un équilibre et une lecture du terrain exceptionnels, en étant à la limite de l'équilibre. L'engagement est accru par des facteurs comme la météo et la praticabilité du circuit.

Le Parcours Spécifique des Six Jours de Brive
Le parcours des Six Jours de Brive propose un tracé varié et engageant, mêlant descentes techniques, montées et sections ludiques. Le départ est donné du Chastanet, avec une première descente technique menant à Bellet. De là, un single track remonte vers la route de Noailles, près de Montplaisir, avant de rejoindre Jugeals-Nazareth. Une halte est possible à la Vapaudie pour découvrir le camp des Suspins de la Seconde Guerre mondiale.
La route continue vers le château de la Fage, nécessitant une remontée par un chemin de randonnée et un passage à travers un champ. Une descente vers la Couze s'ensuit, prolongée par un single track apprécié. Après avoir traversé la Couze, le parcours mène au lac du Causse par des sections sinueuses et techniques (une option plus facile existe en prenant le chemin à gauche avant la traversée). Une fois au lac, une visite au Bike-Park est possible.
La remontée vers la route de Larche précède l'arrivée à Brive par des sentiers et singles très ludiques dans les bois. La portion entre la zone ouest de Brive et le parc des Perrières est jugée moins intéressante mais rapide à parcourir. Le parcours remonte ensuite au parc des Perrières pour redescendre dans la vallée de Planchetorte, avant la dernière ascension ramenant au parking du Chastanet.
Plusieurs points de départ sont possibles : le parking du Chastanet, le parc des Perrières (rue Raoul Desvignes) ou le lac du Causse (entraînant une montée plus raide dès le début). Le parcours est caractérisé par de belles côtes, de nombreux passages en sous-bois et des singles. Malgré une portion moins attrayante entre la zone ouest de Brive et le parc des Perrières, le parcours est globalement très agréable, avec peu d'asphalte et des sections techniques variées offrant beaucoup de plaisir.
Brive, Terre d'Accueil des Six Jours d'Enduro
Brive-la-Gaillarde a l'honneur d'accueillir la 92ème édition des Six Jours Internationaux d'Enduro, la plus grande compétition mondiale de moto tout-terrain. Cet événement majeur, qui n'avait pas été organisé en France depuis seize ans, rassemble 650 concurrents professionnels et amateurs, ainsi que 150 inscrits au Vintage Trophy pour les motos anciennes. L'événement se déroule du 28 août au 2 septembre, avec des étapes quotidiennes en boucle de 250 à 270 kilomètres, ponctuées d'une spéciale chronométrée.
Le retour des Six Jours à Brive, qui avait déjà accueilli la compétition en 2001, est une fierté pour la ville. Frédéric Soulié, maire de Brive, se souvient de la première organisation : « Avec Jean-François, on a matché dès le départ ». Il souligne les retombées économiques considérables de l'événement, estimées à 8 millions d'euros, soit le double par rapport à 2001.
Jean-François Buisson, président du comité d'organisation, dirige une équipe de plus de 800 bénévoles. Malgré un budget prévisionnel de 1,5 million d'euros, le bouclage financier était encore en cours quelques jours avant l'événement. Il note que les démarches administratives et juridiques sont devenues plus complexes, avec des exigences de sécurité accrues.
Malheureusement, la compétition a été marquée par le décès d'un participant britannique, Michael Alty, victime d'un malaise cardiaque. Un hommage lui sera rendu. Frédéric Soulié rappelle la nature exigeante et potentiellement dangereuse de l'enduro, qui demande une condition physique, une gestion de conduite et une stratégie souvent méconnues du grand public.
ISDE 2017 Mondiaux d'enduro Brive
L'Enduro : Un Sport en Évolution
Frédéric Weill, entraîneur de l'équipe de France, aborde la perception de l'enduro, souvent qualifié de sport "dangereux, sale et bruyant". Il préfère parler de "problèmes d'organisation que d'image". Il souligne que l'enduro se pratique dans des régions agricoles, où le respect de l'environnement est devenu une priorité : « Si on veut continuer à pouvoir rouler en moto, il faut préserver la nature, 90 % des motards en sont conscients », affirme Laurent Bardy, président du club d'enduro d'Uzerche. Des mesures comme la construction de petits ponts au-dessus des ruisseaux et une étude d'impact environnemental ont été mises en place.
Les règlements ont également évolué, rendant l'épreuve plus accessible : « Avant, l’épreuve était réservée à l’élite. Elle est désormais ouverte à tous, et le nombre de pilotes engagés est passé de 400 à 800. »
L'ambiance générale des Six Jours à Brive rappelle davantage une kermesse qu'une compétition sportive de haut niveau. Des fans de toutes nationalités sont présents, créant une atmosphère conviviale. Cependant, l'avenir de l'organisation de tels événements reste incertain, avec peu de pays volontaires pour accueillir les prochaines éditions et la transformation de l'ancien aérodrome de Brive en zone industrielle.
