Difficile de dissocier l'image de Johnny Hallyday, icône du rock en France, de celles des bikers. Le lien entre le chanteur et la culture motarde était si fort que des centaines de motards ont participé à son cortège funéraire, descendant les Champs-Élysées jusqu'à l'église de la Madeleine. Le manager du chanteur, Sébastien Farran, avait estimé la présence des motards et bikers entre 500 et 700, mais ils furent en réalité beaucoup plus nombreux, plusieurs associations ayant confirmé leur participation à des cortèges dans toute la capitale.
L'hommage des Harley-Davidson Owners Group
Parmi les bikers présents, les amoureux des Harley-Davidson ont tenu une place particulière. La marque, emblématique du rock'n'roll, avait d'ailleurs été choisie par Johnny Hallyday, qui en possédait plusieurs. Il avait fait son entrée sur la pelouse du Parc des Princes lors de son concert de 50 ans à moto, après un défilé de ces mêmes engins. Stéphane Sahakian, président du Harley-Davidson Owners Group, a pris des dispositions avec la préfecture de police pour organiser la participation de 600 conducteurs de Harley-Davidson au cortège officiel. Il a souligné la forte demande des membres et des clients pour rendre hommage à leur manière, tout en reconnaissant les contraintes de sécurité qui limitaient le nombre de participants.
L'organisation de cet hommage a nécessité une inscription préalable auprès de concessions parisiennes, les places s'étant arrachées en quelques minutes. Les participants, invités à porter un brassard ou un foulard noir, ont ainsi rendu hommage à un artiste qui, selon Stéphane Sahakian, "a révolutionné la musique" et qui a "amené le rock'n'roll en France", un genre considéré comme l'ADN des bikers.

Au-delà des Harley-Davidson : la mobilisation de tous les motards
Les amoureux des Harley-Davidson n'étaient pas les seuls à vouloir honorer le rockeur. Les motards de toutes marques ont également prévu de se mobiliser, bien qu'ils aient été, selon leurs dires, exclus du cortège officiel. Jean-Marc Belotti, président de la Fédération des Motards en Colère, a rappelé que Johnny Hallyday était un passionné de moto et qu'il avait accompagné de nombreux motards en France. Il a également souligné le lien indissociable entre le rock'n'roll, la moto et la liberté, une association qui a toujours bien fonctionné.
Dans toute la France, des rassemblements ont été organisés via les réseaux sociaux pour rendre hommage au chanteur. Ces événements se voulaient être une "fête", tout en respectant "beaucoup de respect et beaucoup d'émotion".
Johnny Hallyday et la culture biker : une influence mutuelle
L'influence de Johnny Hallyday sur la culture biker et vice-versa est indéniable. Le chanteur a incarné une certaine idée de la rébellion et de la liberté, des valeurs chères aux motards. L'image du "rocker", souvent associée à la moto et au blouson de cuir, a été popularisée par Johnny Hallyday, contribuant à forger un mythe. Les bikers, quant à eux, ont trouvé en Johnny Hallyday une figure emblématique qui partageait leur passion pour la moto et le rock'n'roll.
Cette connexion s'est manifestée à travers divers aspects, allant de la musique aux événements communautaires. La chanson "L'Homme à la moto", adaptation française du titre américain "Black Denim Trousers and Motorcycle Boots", a été enregistrée par Édith Piaf en 1955, marquant une première incursion du thème motard dans le paysage musical français. Cette chanson est considérée comme la première chanson de bikers à figurer dans les hit-parades.
La story de Johnny Hallyday, de l'idole à la légende documentaire
L'évolution de la culture moto et son lien avec le rock
Le texte explore également l'évolution de la perception de la moto et de sa relation avec le rock. Si dans les années 60 et 70, la moto représentait un choix marginal, synonyme de danger et de rébellion, elle est aujourd'hui perçue différemment. L'auteur d'une bande dessinée, interrogé sur son rapport au rock et à la moto, souligne que si le rock fait partie de ses repères, il ne se revendique pas "rocker" au sens pur. Il mentionne que la moto, bien qu'elle fasse partie de sa vie depuis l'adolescence, est devenue plus superficielle et accessoire pour certains, contrastant avec l'image "rude et rebelle" qu'il associe à la moto et aux motards de son enfance.
Malgré ces évolutions, l'attachement à l'esthétique et à l'esprit de la moto, notamment des Harley-Davidson, demeure. Les motos sont appréciées pour leur beauté, leur bruit, leur puissance et leur caractère. Le plaisir de rouler pour le plaisir, avec des amis, et de profiter du paysage, est mis en avant, contrastant avec une approche plus agressive de la conduite.
Hommages locaux et souvenirs
Face aux difficultés logistiques pour se rendre à Paris, de nombreux clubs de bikers ont organisé des rassemblements locaux pour rendre hommage à Johnny Hallyday. À Strasbourg, par exemple, un cortège est parti de la concession Harley-Davidson pour rejoindre l'Orangerie, avec des sosies chantant les morceaux du chanteur. Ces initiatives témoignent de la profonde affection et du respect que Johnny Hallyday inspirait au sein de la communauté motarde.
Les témoignages de différents présidents de clubs, comme Stéphane Job, Arnaud Donati ou Serge Gauci, illustrent cette ferveur. Même ceux qui ne se considèrent pas comme des fans absolus reconnaissent l'importance de Johnny Hallyday pour la chanson française et le rock'n'roll, le qualifiant de "bête de scène" et de "mythe français". La nostalgie et le souvenir de l'artiste, souvent vu sur des motos, renforcent ce lien émotionnel.
