La saison des essais 2016 s'annonce intense avec la découverte de la Yamaha XSR 900, une moto qui suscite la curiosité par son appellation et son design distinctif. L'acronyme XSR se décompose en X pour Xtreme, S pour Street et R pour Racing, des termes qui prennent tout leur sens au guidon de cette machine.

Design : Un hommage aux années 80 avec une touche de modernité
Le design de la Yamaha XSR 900 est indéniablement marqué par celui de la MT-09, mais avec une approche plus subtile, mêlant élégance et caractère. La partie supérieure rend hommage aux superbikes américaines des années 80, tandis que le bloc inférieur intègre des technologies récentes. Le contraste entre le cadre, l'échappement court et le réservoir allongé est saisissant. Le phare avant rond, le feu arrière à diodes, et la selle rétro confèrent à la moto un look résolument vintage. Le compteur, rond et compact, affiche de manière digitale les informations essentielles : trips partiels, heure, jauge à essence à segments et rapport engagé. La finition générale témoigne de la réputation de qualité de Yamaha.

La position de conduite : Légèrement plus relevée que la MT-09
Comparée à la MT-09, la position de conduite de la XSR 900 se distingue par une selle légèrement plus haute et une distance accrue entre le guidon et la selle. Cela induit une légère bascule du buste vers l'avant et une élévation du centre de gravité. Les mains et les pieds trouvent naturellement leur place, avec des jambes peut-être un peu moins repliées que sur sa sœur naked.
Les commandes : Intuitives et fonctionnelles
Les commandes au guidon de la XSR 900 tombent naturellement sous la main. Le commodo gauche regroupe le bouton de modification ou désactivation de l'anti-patinage (ASR), le klaxon et les indicateurs de direction. Sur le commodo droit, on retrouve le démarreur électronique et un bouton permettant de sélectionner l'une des trois cartographies d'injection disponibles : A ("A fond la caisse"), Std ("standard") ou B ("Baba cool"), une fonctionnalité également présente sur la MT-09.

La conduite : Un moteur expressif et un comportement joueur
Au démarrage, le son du trois cylindres de la XSR 900 est aussi viril et agréable que celui de la MT-09, invitant à l'action. Rapidement, plusieurs constats s'imposent : le moteur est démonstratif et propulse nerveusement, les montées en régime sont plus fluides et douces que sur la MT-09, et l'embrayage se montre d'une douceur remarquable. Le dosage des gaz est précis, permettant une conduite sereine sur tous types de routes. Le mode Standard se révèle le plus efficace, offrant le meilleur compromis entre performance et maîtrise. Les suspensions avant et arrière assurent une bonne maîtrise et une liberté de mouvement, bien que l'avant de la XSR donne une impression de légèreté parfois inhabituelle par rapport à la MT-09. Les freins sont puissants, répondant efficacement aux sollicitations, parfois même de manière réflexe.
TEST N95 ! XSR 900 2024 ! Une moto qui tient la route ? 🧐
Les petits défauts : Lisibilité du tableau de bord et ergonomie des commodos
Un léger bémol concerne la lisibilité du tableau de bord, qui demande une attention soutenue pour déchiffrer toutes les informations sur sa petite surface. De plus, le changement d'affichage nécessite de retirer une main du guidon, une commande au guidon aurait été plus pratique, mais moins "rétro". Le bouton de klaxon, bien que légèrement reculé, reste trop proche des indicateurs de direction.
L'évolution de la XSR 900 : De 2016 à la version GP
La Yamaha XSR 900 a traversé plusieurs évolutions, notamment avec l'introduction du modèle XSR900 GP en 2024, qui s'inspire directement de la légendaire YZR 500 d'Wayne Rainey. Cette nouvelle version reprend la base de la MT-09 mais avec des modifications spécifiques. Le châssis Deltabox est retravaillé et renforcé, le bras oscillant est allongé pour une meilleure stabilité, et l'on retrouve un écran TFT couleur de 5 pouces avec un joystick intuitif pour la navigation. La centrale inertielle à 6 axes permet de régler finement l'ABS, le contrôle de traction, l'anti-wheeling, le contrôle de glisse et le frein moteur. Cinq cartographies moteur sont proposées, dont deux entièrement personnalisables.

Motorisation et partie cycle : Le cœur du CP3 et des améliorations continues
Le moteur CP3 trois cylindres, cœur battant de la XSR 900, a été continuellement amélioré. Sa cylindrée portée à 890 cm3 (contre 847 cm3 initialement) et les modifications internes ont permis d'augmenter sa puissance et son couple, tout en respectant les normes antipollution Euro5. La partie cycle a également bénéficié d'optimisations, avec un cadre plus rigide, un bras oscillant rallongé pour une meilleure stabilité, des suspensions Kayaba réglables et un freinage amélioré avec un maître-cylindre radial Brembo. Les jantes allégées contribuent à réduire le poids non suspendu et à améliorer l'agilité.
Expériences de conduite et avis divers
Les retours d'expérience des propriétaires et des journalistes soulignent le caractère exubérant du moteur CP3, capable de propulsions impressionnantes et d'une souplesse appréciable à bas régime. La moto est décrite comme polyvalente, capable de se faufiler en ville comme d'offrir des sensations fortes sur route ouverte. Cependant, certains points sont régulièrement soulevés :
- Confort de la selle : La selle est souvent jugée trop ferme, nécessitant parfois une selle confort pour les longs trajets.
- Suspensions : Les réglages d'origine peuvent être un peu trop fermes pour certains utilisateurs, notamment sur routes dégradées.
- Ergonomie : La position de conduite, bien que globalement appréciée, peut devenir fatigante sur de longues distances en raison de sa position légèrement penchée vers l'avant. La molette de navigation du tableau de bord est parfois critiquée pour son manque de précision. Le bouton de clignotant sur la version GP est également jugé mal placé.
- Look : Le design néo-rétro est un sujet de débat, certains le trouvant unique et attrayant, d'autres moins convaincus, le jugeant parfois "trop chargé" ou moins harmonieux que sur d'autres modèles du segment néo-rétro.
- Rayon de braquage : Comme sur la MT-09, le rayon de braquage limité peut être un inconvénient en milieu urbain.
Malgré ces quelques réserves, la Yamaha XSR 900 est largement saluée pour son moteur attachant, sa partie cycle rigoureuse (surtout sur les versions récentes) et son caractère joueur. Elle offre un excellent rapport qualité-prix dans le segment des roadsters néo-rétro, se positionnant comme une alternative intéressante face à des concurrentes comme la Kawasaki Z 900 RS, la Triumph Speed Twin ou la BMW R nineT.

La polyvalence de la XSR 900 lui permet de s'adapter à divers usages, de la balade tranquille au pilotage plus sportif, le tout enveloppé dans un style qui ne laisse pas indifférent. L'ajout d'accessoires comme le pot Akrapovič améliore encore l'expérience sonore et esthétique.