Trottinettes électriques à Bruxelles : entre accidents graves et nouvelles réglementations

Le débat sur la sécurité des trottinettes électriques prend une nouvelle ampleur en Belgique, alors que le ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, envisage de rendre le port du casque obligatoire pour les utilisateurs de ces engins rapides. Cette proposition, bien que jugée nécessaire par beaucoup, intervient dans un contexte marqué par plusieurs accidents tragiques, dont celui de Bram Yalcin, 15 ans, grièvement blessé l'année précédente.

L'adolescent, alors âgé de 14 ans et donc trop jeune pour utiliser une trottinette électrique, a été victime d'un grave accident le 3 juillet 2025. Il a percuté une camionnette de livraison et a chuté violemment, sans porter de casque. Sa mère, Véronique, a décrit l'horreur de la scène : « Quand je l'ai vu, son orbite était complètement enfoncée. J’ai paniqué. » Le diagnostic fut lourd : fractures de la mâchoire, de la pommette et de l'orbite, fracture du crâne et hémorragie cérébrale. Bram a subi deux opérations, a passé plusieurs jours en soins intensifs et a dû rester cinq semaines dans une chambre sombre pour se rétablir. « Il était dans un état critique », a expliqué sa mère.

Malgré les risques encourus, Bram avait jusqu'alors refusé de porter un casque, par peur d'être moqué par ses amis. Sa mère, quant à elle, exprime une profonde culpabilité : « J’ai longtemps culpabilisé de ne pas avoir insisté davantage auprès de Bram pour qu’il porte un casque. Cela nous aurait épargné bien des souffrances. »

Photo d'une trottinette électrique avec un casque à côté

L'augmentation des accidents et les drames impliquant des mineurs

Chaque année, le nombre d'accidents impliquant des trottinettes électriques est en augmentation en Belgique. L'année dernière, treize décès ont été recensés. Un drame particulièrement marquant est celui de Fabian, un garçon de 11 ans, décédé le 2 juin 2025 suite à une collision avec un véhicule de police dans le parc Élisabeth, à Ganshoren.

Selon les premières informations communiquées par le parquet, le jeune garçon circulait à trottinette électrique lorsque la police a souhaité procéder à un contrôle. Fabian a pris la fuite, entraînant une course-poursuite. Les policiers, à bord d'un SUV, auraient fini par le percuter. Des questions subsistent quant aux circonstances exactes de cette poursuite, notamment sur le point de savoir si elle a débuté dans le parc ou à ses abords. Les traces au sol indiquent que l'impact ne s'est pas produit sur la voirie, mais sur la pelouse du parc Élisabeth, une zone où les voitures ne sont normalement pas censées circuler. Des témoins rapportent que les policiers roulaient à vive allure.

Les secours ont tenté de ranimer l'enfant, mais en vain. Il est décédé à l'hôpital. Cet événement a suscité une vive émotion et des réactions fortes, notamment de la part du Délégué général aux droits de l'enfant, Solayman Laqdim, qui a dénoncé des interventions policières parfois disproportionnées envers les mineurs. « Un enfant n’est pas un adulte. C’est un principe fondamental », a-t-il rappelé, tout en soulignant que l'âge légal pour conduire une trottinette électrique (16 ans) ne justifie en rien la gravité de l'issue.

Carte de Bruxelles indiquant le parc Élisabeth et Ganshoren

Réactions et hommages suite au drame de Fabian

Suite au décès de Fabian, de nombreuses réactions ont émergé. Le Ministre de l'Intérieur, Bernard Quintin, a exprimé son choc et promis une « analyse poussée ». Un hommage a été rendu au garçon dans le parc Élisabeth, réunissant environ 300 personnes, exprimant tristesse, colère et incompréhension. Une fresque en hommage à Fabian a également été réalisée dans le centre de Bruxelles par le street-artist HMI.

L'association Heroes for Zero, militante pour la sécurité routière, a également réagi, rappelant ses revendications pour une meilleure régulation de la vitesse des policiers en intervention et une formation plus poussée au « code 3 » (conduite d'urgence). Le Comité P, chargé d'enquêter sur les comportements de la police, a été saisi de l'affaire.

Plusieurs élus ont interpellé les ministres concernés, soulignant la nécessité d'adapter les méthodes policières face aux mineurs et de tirer des leçons de ces drames. Les parents de Fabian, originaires de Moldavie, ont exprimé leur souhait d'obtenir rapidement des réponses de la justice.

Précédents et autres accidents impliquant des trottinettes électriques

Le drame de Fabian n'est malheureusement pas un cas isolé. Le texte mentionne plusieurs précédents de collisions mortelles impliquant des jeunes lors de courses-poursuites avec la police, comme les affaires Madwa (2018), Mehdi Bouda (2019) et Adil Charrot (2020). Plus récemment, en avril 2025, un policier conduisant sans permis a mortellement percuté un conducteur de scooter à Bruxelles.

D'autres accidents tragiques impliquant des trottinettes électriques ont également eu lieu à Bruxelles. Clément Adam, un jeune homme de 18 ans, a été mortellement percuté par une camionnette alors qu'il circulait en trottinette sur l'avenue de Vilvorde le 15 octobre 2025. La victime a été retrouvée coincée sous le véhicule. Le conducteur de la camionnette a été testé négatif à l'alcool et aux stupéfiants, et une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de la collision.

Stationnement, interdiction aux - de 16 ans : l’utilisation des trottinettes électriques encadrée

Un autre accident, survenu dans la nuit du 27 au 28 septembre 2025 sur l'avenue de l'Hippodrome à Ixelles, a également entraîné un décès. La victime conduisait une trottinette électrique, mais les circonstances précises de l'accident restent à déterminer.

tags: #mort #trottinette #bruxelles