Affrontements entre Gilets Jaunes et forces de l'ordre : incidents et réactions

La confrontation entre les manifestants des "gilets jaunes" et les forces de l'ordre a donné lieu à plusieurs incidents notables, souvent relayés par des vidéos et des témoignages. L'un de ces événements, survenu le samedi 2 mars, près de la porte de Champerret à Paris, a été filmé et envoyé au journaliste David Dufresne. Cette scène s'est déroulée suite au départ d'une manifestation sauvage de gilets jaunes qui ont été bloqués alors qu'ils tentaient d'accéder au périphérique.

Incident près de la porte de Champerret

Selon un témoignage, la scène près de la porte de Champerret aurait éclaté après que les manifestants aient été bloqués. Dans un communiqué, Alternative CFDT Police a nié que la manifestante ait été renversée intentionnellement, tout en reconnaissant un choc entre elle et la moto d'un policier. Le syndicat a affirmé que cette intervention policière avait permis d'empêcher l'invasion du périphérique. Le communiqué précise que, face à cette intervention, les manifestants se sont dispersés. C'est à ce moment, alors qu'une moto de police circulait à très faible allure, qu'une manifestante, sans regarder, a percuté la moto, une Yamaha 900TDM de 230 kg, et est tombée au sol. Le motard se serait arrêté pour lui porter secours, mais un groupe d'individus se serait précipité sur lui, l'obligeant à quitter les lieux pour se mettre en sécurité.

Schéma de l'incident près de la porte de Champerret

Réactions syndicales et démentis

Le syndicat ALTERNATIVE Police CFDT a pris connaissance des articles de presse et des vidéos diffusées par SPUTNIKNEWS et le HUFFINGTON POST concernant un gilet jaune qui aurait été volontairement renversé par un motard. ALTERNATIVE Police CFDT a confirmé un accident mais a catégoriquement démenti tout caractère intentionnel, accusant SPUTNIKNEWS d'entretenir des rumeurs et de fausses informations. Le syndicat a précisé que les effectifs motocyclistes des compagnies de sécurisation et d'intervention 75, 92 et 93 avaient reçu pour instruction d'empêcher les gilets jaunes d'investir le périphérique, ce qu'ils ont réussi à faire "in extrémis".

Le syndicat a également indiqué que la manifestante impliquée dans l'incident ne souffrait d'aucune blessure, soulignant la désorganisation et la confusion du mouvement des gilets jaunes, ainsi que l'absence de blessés lors de cet accident.

Confrontations sur les Champs-Élysées

D'autres incidents ont marqué l'acte VI des manifestations des "gilets jaunes", notamment sur les Champs-Élysées. La scène, d'une durée de moins d'une minute, s'est déroulée au croisement de l'avenue George V et des Champs-Élysées, en fin de journée, alors que les forces de l'ordre évacuaient progressivement la zone. Les policiers ont été pris à partie par une vingtaine de personnes alors qu'ils tentaient de remonter sur leur moto, dont l'une se trouvait à terre.

Les manifestants leur ont jeté des trottinettes, des pavés et des pots de fleurs. En réponse, les policiers ont utilisé des bombes lacrymogènes, leurs matraques, et ont donné des coups de pied à certains agresseurs. L'un des policiers a dégainé son pistolet en le pointant sur un manifestant avant de le remettre dans son étui.

Manifestants lançant des projectiles sur des policiers sur les Champs-Élysées

Les motards, membres de la Compagnie de Sécurisation et d'intervention (CSI), ont pu repartir sur deux motos, l'une restant au sol avant d'être récupérée peu après. Selon la préfecture de police, un motard "qui avait été appelé sur un mouvement de foule, a été pris à partie, jeté à terre avec sa moto. Il s'est dégagé. La moto est endommagée mais pas abandonnée". Aucune interpellation n'a eu lieu sur place.

Réactions officielles et dénonciations

Le secrétaire d'État, Laurent Nuñez, a estimé dans un tweet que les forces de l'ordre avaient été "odiensement prises pour cible par des individus face auxquels elles ont réagi avec sang-froid et professionnalisme", ajoutant un message de "Respect et soutien". Christophe Castaner a également qualifié l'attitude des policiers d'"exemplaire face à des attaques inqualifiables". Le syndicat Unsa-Police a dénoncé une "tentative de lynchage sur les Champs-Élysées".

Christophe Castaner a par ailleurs constaté "un réel tassement de la mobilisation" pour l'acte VI des gilets jaunes, rassemblant 38.600 manifestants dans toute la France selon le ministère de l'Intérieur. Il a affirmé que "certains continuent à venir manifester, animés par la haine des institutions". Au total, 220 manifestants ont été interpellés dans le pays, et 81 placés en garde à vue.

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Grivaux, a dénoncé derrière les violences de l'acte VI "un seul visage, lâche, raciste, antisémite, putschiste". Il a fait référence à des images sur les réseaux sociaux montrant une vingtaine de "gilets jaunes" entonnant devant le Sacré-Cœur "la quenelle de Dieudonné", en allusion au polémiste Dieudonné, condamné plusieurs fois pour propos racistes.

Agression de policiers lors de manifestations des gilets jaunes

Enquête ouverte

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "violences volontaires" commises contre des policiers suite aux incidents sur les Champs-Élysées. Le Premier ministre, Édouard Philippe, avait rencontré les quatre motards policiers concernés le 24 décembre.

Une autre affaire, relayée par des médias anglais, concerne un incident où un individu nommé Emanuel, portant un gilet jaune avec l'inscription "poli" et conduisant une moto ressemblant à celle d'un policier, aurait été confondu avec un policier. Après avoir porté plainte pour son traitement, sa police d'assurance a été annulée sans preuve d'acte répréhensible. Les médias anglais auraient amplifié l'affaire avec des détails inventés. Un porte-parole de la police a toutefois précisé que le gilet porté par Emanuel ne ressemblait pas à un uniforme de police.

Moto de police endommagée suite à une confrontation

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