Vous rêvez de vous lancer dans l'aventure du side-car mais êtes encore hésitant quant aux réels avantages et inconvénients que peut engendrer la conduite d'un tel engin ? Vous souhaitez découvrir cette pratique ou êtes simplement curieux de cet univers à part entière du monde de la moto ? L'histoire raconte que le side-car serait né vers la fin du XIXe siècle, suite à l'ajout d'un panier à un vélo. Si aujourd'hui plusieurs pays revendiquent son invention, c'est Jean Bertoux, armurier français, qui aurait déposé le premier brevet.
Le panier, autrefois en osier ou en rotin, a rapidement évolué en termes de confort ; le terme lui est resté. Très populaire dans l'entre-deux-guerres et dans les années 50, le side-car, destiné à la population dite moyenne, a ensuite été concurrencé par l'arrivée de petites citadines économiques. Aujourd'hui, nombreuses sont les bonnes raisons de choisir ce type de véhicule. Si vous n'êtes pas convaincu par les différentes catégories de moto disponibles sur le marché actuel et si vous êtes, comme beaucoup, envahi de questions et de doutes, la suite va vous intéresser.

Histoire et évolution du side-car
En quelques années, le nombre de fabricants français de side-cars s'est malheureusement effondré. Ils ne sont plus qu'une poignée aujourd'hui, mais portent encore bien haut le blason. Ils permettent de profiter d'un catalogue très fourni de paniers à adapter sur une très grande variété de motos, ou pour certains, d'attelages clés en main. Des associations amicales comme l'ASF, des associations de sidecaristes comme le SCCF et d'autres forums animent, transmettent et font perdurer cet univers.
Réglementation et permis
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les side-cars sont des deux-roues comme les autres du point de vue du code de la route. L'ajout d'un panier ne modifie donc pas la classification en moto d'un side-car. Même si dans le cas d'un petit tricycle à moteur, le permis B peut être suffisant, il est obligatoire d'avoir le permis A1 en poche pour circuler avec un attelage. Les règles à respecter sont les mêmes : port du casque et d'une paire de gants, y compris dans le panier ; limitations de vitesse ; respect des dimensions maximales autorisées pour une moto...
L'ajout d'un side-car est une modification notable de la carrosserie, c'est pourquoi la carte grise doit comporter la mention SIDE-CAR ou SOLO / SIDE-CAR. Un side-car est homologué pour transporter 3 personnes, parfois 4. Comme vous le savez, en France, tout véhicule doit être assuré ; vous avez donc obligation d'assurer votre véhicule avec au minimum une responsabilité civile.
Choisir sa machine et son attelage
Il convient d'admettre qu'une machine de bonne cylindrée, avec un kilométrage limité est une base idéale pour envisager un futur attelage. Néanmoins, il n'est pas rare, par amour ou passion pour le dit véhicule, de voir des projets d'attelages non "conventionnels", de par l'âge ou la conception de la machine, la puissance... Chaque projet est respectable.
Comme expliqué plus haut, les modèles de paniers ou d'attelages proposés par les constructeurs sont nombreux. Il existe des modèles historiques si vous êtes collectionneurs, des side-cars modernes pour un usage familial, sport pour un usage en compétition, side-car cross pour de belles séances d'enduro, pour un usage régulier ou occasionnel... le choix est vaste et permet d'adapter le panier à son usage.

Budget : neuf ou occasion ?
Le marché du neuf
Neuf, il est possible aujourd'hui d'acquérir un attelage clés en main pour environ 10 000 euros, comme les modèles Mash ou Ural. Pour vous donner une petite idée du prix d'un montage sur une moto, multipliez par deux le prix de la machine neuve. Cela n'est pas une règle, juste un indicateur. Neuf, seul votre budget fixe la limite.
Le marché de l'occasion
De par les contraintes tarifaires et de temps liés à un attelage neuf, le marché de l'occasion est plutôt très dynamique. Économiquement plus abordable et plus "concret" puisque le véhicule existe, c'est un choix que font de nombreux sidecaristes. Il n’est pas rare de trouver des modèles en très bon état sans "trop" de kilomètres, pour 10 000 à 12 000 euros.
Coûts d'entretien et consommation
Assurance
En général, sachez que le montant de votre prime d’assurance sera moins élevé que pour une moto "classique". Cela s'explique simplement par le fait que les side-cars sont généralement conduits par des utilisateurs plus expérimentés, bénéficiant d’un bonus conséquent. Qui plus est, le nombre d’accidents avec side-cars est inférieur au nombre d’accidents avec motos "classiques".
Consommables et usure
Un side-car offre souvent l’intérêt de montes pneumatiques automobiles, ce qui réduit le coût. Mais globalement, retenez que la majeure partie des consommables sont ceux de la moto attelée. Leur usure dépendra donc bien entendu de la manière dont vous roulerez. Plaquettes et disques, chaînes et autres roulements auront globalement une durée de vie diminuée d’environ 15 à 20%, ce qui est relativement raisonnable.
Le poids parfois important du panier, aura généralement pour conséquence l'augmentation de la consommation en carburant. Si le panier ne dispose pas d'un réservoir additionnel, pensez-y pendant vos longs roulages.

Entretien spécifique
Même si pour certains consommables, c'est plutôt une bonne surprise ; si vous êtes adepte des révisions chez un concessionnaire, pas de chance ! La présence du panier perturbe l’accessibilité et les heures de main d’œuvre montent en flèche. Et il vous faudra trouver ce concessionnaire et/ou le mécanicien qui aura un emplacement assez vaste pour procéder aux différents entretiens.
Enfin, ne perdez pas de vue que la majorité des fabrications utilisent de nombreuses pièces issues de l’industrie automobile, parfois prévues pour d’autres usages. Comme le dit la loi, un side-car est une moto. Et bien qu'à cela ne tienne : péages et autres ponts seront au tarif moto.
La conduite du side-car : une nouvelle expérience
"Ça ne tourne pas pareil, ne freine pas pareil, ne roule pas droit..." La conduite d'un side-car demande un apprentissage spécifique. Des centres de formation comme Side's Cool ou Iniside proposent des stages dédiés, et de nombreux articles et ouvrages y font également référence.
Lever le panier vous procurera des sensations nouvelles et géniales si ces dernières sont contrôlées. Il est primordial de rester humble, conscient du danger et du comportement à adopter lorsque vous êtes aux commandes. C'est apprendre de nouveaux gestes, de nouveaux automatismes. Mais une fois que vous serez familiarisés avec la conduite d'un side-car, vous prendrez un réel plaisir dans les virages, d’autant plus lorsque vous pourrez vous mettre en crabe.
Conduire un side-car, pour les nuls ! ▶︎ Apéro Moto Magazine
Comprendre l'équilibre des masses
Bien évidemment, un side-car est plus encombrant qu'une moto. Il est effectivement plus compliqué de stationner, de remonter les files de voitures lors de bouchons. On ne penche pas dans les virages, le poids impacte les performances... La troisième roue apporte une stabilité incomparable. Trois points d’appui permettent de rouler par tous les temps.
Contrairement à ce que beaucoup pensent, les trois roues ne sont pas un gage de stabilité absolue. Une moto type rétro ou néo-rétro, c'est 200 kilos ; un pilote équipé, c'est souvent au moins 80. De l’autre côté, le panier sur son châssis pèse de 80 à 100 kilos. On a donc 75 % du poids sur les deux roues de gauche et 25 % du poids sur la roue de droite, si le side est conduit en solo. Avec un passager ou des bagages, la proportion peut passer à deux tiers / un tiers. Quoi qu’il en soit, le side reste un engin déséquilibré. Sa bonne conduite est liée à la compréhension de l’équilibre des masses, de sa géométrie et aussi et surtout, de son centre de gravité !
On pourrait penser qu'aller tout droit, c'est la chose la plus simple. Contrairement à une moto solo qui est monotrace, le side va subir les irrégularités de la route, le carrossage du bitume, les nids de poule, les imperfections diverses. Il va onduler, vivre. À vous de trouver le juste équilibre entre la fermeté (le maintenir sur la route) et la liberté (lui laisser suivre les mouvements qui font partie de son ADN).
Les virages : une technique à maîtriser
Pour tourner à gauche, il suffit globalement de braquer et le side suit la trajectoire, après un léger instant de résistance. On se rend compte à l’usage que plus on le brusque, plus la réponse est incisive. Comme toujours, il faut anticiper et décomposer les mouvements.
Attention : le virage à droite est piégeux dans ce sens qu’il implique un transfert de masse pouvant, dans une situation extrême, lever le panier jusqu’à un point de retournement de l’engin. Le problème, c’est que quand ça arrive, il n’y a plus beaucoup d’autres solutions que de sortir de la trajectoire et que le réflexe est de freiner (ce qui augmente les probabilités de sortie de route), alors qu’en accélérant et en exagérant le transfert de masse sur le panier, ça finira par tourner.
En side "néo rétro" posé sur des roues de 16 à 19 pouces, la performance ne peut pas être au rendez-vous. Ces engins atypiques sont entièrement dédiés à la balade, à un rythme tranquille, en sachant que ces quelques règles de base énoncées ci-dessus seront challengées en fonction du profil de la route, des virages en épingle, des dévers. Plus encore que sur une moto, le side-car demande une véritable humilité et nécessite des milliers de kilomètres de pratique avant de pouvoir se sentir à l’aise et de pouvoir envisager la route sereinement.
Les avantages uniques du side-car
Le conducteur est aux commandes d'une moto avec son propre confort. Son ou ses passagers sont quant à eux bien mieux installés. Il faut reconnaître qu’être transporté dans le panier est plutôt très agréable, on ne ressent ni les freinages ni les accélérations grâce au dossier. Comme énoncé un peu plus haut, il est possible de transporter 3 personnes, parfois 4, et d'amener son animal de compagnie avec soi lors de ses virées ; de vraies sorties en famille. La moto est un univers de passions, pour certains un handicap physique devient un obstacle à cette passion. Pour conclure, beaucoup comme moi diront : "les avantages de la moto et de la voiture".
Les sidecaristes jouissent d’une image favorable auprès du public non averti, qui a souvent tendance à regarder le motard solo de travers. Pour beaucoup, un side-car est un véhicule atypique, souvent générateur de questionnements. Nombreux seront les curieux qui voudront en savoir plus. Attendez-vous à ce que quotidiennement, lors de vos sorties, de nombreuses questions vous soient posées. Interrogations, curiosité, doutes... nombreux seront les sujets abordés par les passants, les badauds. Il est très important d'intégrer également que le regard des autres usagers de la route à votre encontre sera du même acabit que les passants curieux. Nombreuses seront les manœuvres douteuses pour vous dépasser, réguliers seront les regards posés sur vous et donc détournés de la route.

Le side-car : au-delà de la route
Cela serait une erreur de penser que le side-car n'est destiné qu'à un usage routier, de loisirs. N'hésitez pas si votre cœur vous pousse vers un usage sur circuit fermé, routes barrées ou même au Tourist Trophy ! En vitesse avec les modernes F1 et F2 ou les bassets ; en rallyes routiers, en cross comme les frères Prunier, en grass-track... ; nombreuses sont les disciplines que vous pouvez pratiquer avec un side-car ; parfois sans même avoir le permis A1.
Car, osons une vérité : un side-car ne sert à rien. Ça prend de la place, ça ne penche pas et c’est compliqué à conduire. C’est pour cela qu’il est indispensable dans le paysage motorisé contemporain qui tend à l'uniformisation. Car la vie est trop courte pour rouler triste, vous ne trouvez pas ?