Les transmissions mono-plateau : une révolution pour le VTT et au-delà

Le développement des transmissions mono-plateau ne cesse de s’intensifier, offrant toujours plus de solutions et de choix pour améliorer le fonctionnement et la polyvalence des vélos. Lancée en 2012 sous l’initiative du constructeur SRAM, la transmission mono-plateau pour tout type de pratique VTT (XC, Trail, AM, Enduro…) est venue s’ajouter à celles bien plus spécifiques présentes depuis longtemps sur les vélos de DH et Free Ride. Ces derniers nécessitent beaucoup moins de choix de braquets pour une utilisation uniquement en descente, où seuls quelques pignons suffisent. Bien que proposant une large plage de braquets, cette configuration n'était pas toujours suffisante pour franchir tous les obstacles, ce qui a incité certaines marques « alternatives » à proposer diverses options complémentaires.

En 2018, les gammes des fabricants se sont encore élargies, et l'on peut trouver des transmissions complètes 1x10, 1x11 et 1x12 vitesses, très majoritairement chez Shimano et SRAM. Parallèlement, des marques spécialisées dans la production de composants proposent des cassettes seules compatibles avec les dérailleurs, manettes et chaînes de ces deux leaders. La question se pose alors : qu'est-ce qui existe, qu'est-ce qui est compatible, et quelles sont les limites d'utilisation ?

Les offres des géants de la transmission et nouveaux entrants

Pour synthétiser au plus court et aller à l'essentiel, voici ce que proposent aujourd'hui les deux géants de la transmission, SRAM et Shimano, ainsi que le nouveau venu BOX Components, en termes de braquets avec des cassettes offrant jusqu'à 500% de plage de développement. La démultiplication totale (501% sur le SRAM Eagle par exemple) représente l'écart de développement entre le plus petit et le plus grand pignon. À titre d'exemple concret, sur un VTT 29 pouces équipé d'un plateau de 32 dents, un tour complet de manivelles (100% en rotation) permettra d'effectuer environ 1,50 mètre au sol. Sur le pignon de 10 dents, on effectue 5 fois cette distance avec toujours un seul tour au pédalier. En termes de vitesse de déplacement, à une cadence de 60 tours/minute, on passera ainsi de 5 à 25 km/h, soit une augmentation de 500% entre ces deux vitesses.

Ci-dessous, nous détaillons tout ce qui est disponible chez ces constructeurs de référence pour se monter une transmission mono, avec les prix publics et poids constructeurs précisés. Les pédaliers ne figurent pas car l'offre est très large, avec de nombreux accessoiristes appréciés par les utilisateurs tout comme les constructeurs. Si Shimano et SRAM font de très bons pédaliers, des marques spécialisées comme Race Face, Rotor, Praxis, Cannondale, Tune, Hope sont plébiscitées, tandis que de multiples marques proposent des plateaux mono adaptables aux différents standards.

Schéma comparatif des développements des transmissions mono-plateau

Transmissions 1x10 vitesses

Pour rouler en 1x10 vitesses aujourd'hui, il n'existe pas d'offre complète réelle, que ce soit chez Shimano ou SRAM. Il faut néanmoins considérer le nouveau groupe Shimano Deore M6000 millésimé 2018. Bien qu'existant en double ou triple plateaux, il est doté d'une nouvelle cassette HG500-10 en 11/42 dents, venant s'ajouter aux 11/32, 11/34 et 11/36 dents existants depuis plusieurs années. En détail, la cassette est décomposée de la manière suivante : 11-13-15-18-21-24-28-32-37-42 dents. La transmission 1x10 vitesses « économique » et exploitable sur des parcours VTT vallonnés est donc possible en puisant dans le groupe Deore M6000.

Transmissions 1x11 vitesses

Le choix est nettement plus vaste en 11 vitesses chez les équipementiers, avec divers niveaux de gamme et différentes technologies. SRAM propose cinq transmissions en 2018, marquant son rôle de pionnier du concept 1x11 vitesses dès 2012. Si la majeure partie des groupes utilisent une cassette 10/42 nécessitant l'emploi d'un corps de roue libre spécifique type SRAM XD, le premier prix SRAM NX utilise un départ en 11 pour s'adapter sur un corps de roue libre classique. La marque japonaise, Shimano, propose une offre quelque peu différente de SRAM, avec notamment toujours un départ en 11 vitesses et une compatibilité avec les corps de roue libre classiques. Si les groupes sont proposés en mono-plateau, ils existent également en double et triple. Il est aussi possible de monter des commandes électriques sur les groupes XTR et Deore XT.

Un nouvel acteur est apparu dans le monde de la transmission avec un premier mini-groupe 1x11 vitesses apparu au millésime 2017 : BOX Components. Cette marque américaine, spécialisée initialement dans le BMX depuis 2011, propose shifters, dérailleurs, chaînes et cassettes, mais pas de pédalier.

Transmissions 1x12 vitesses

Seul SRAM propose du 1x12 vitesses actuellement (en 2018), facilement trouvable dans le monde entier et présent sur de nombreux VTT milieu et haut de gamme. Il faut cependant signaler l'existence d'une transmission (cassette/chaîne/dérailleur/shifter) 12 vitesses chez SunRace, utilisant une cassette 11/50 se montant sur un corps de cassette classique Shimano/SRAM et non spécifique XD comme pour les groupes SRAM Eagle.

Comparaison des plages de développement des cassettes 11, 12 vitesses et des offres alternatives

Les cassettes compatibles et solutions alternatives

De nombreux constructeurs proposent des cassettes compatibles avec les transmissions présentées ci-dessus. Toutes les cassettes mentionnées sont compatibles SRAM, Shimano ou Box Components en termes de passage de vitesses, les écarts entre chaque pignon respectant les standards.

Il existe également des kits de transformation permettant d'« agrandir » des cassettes, très souvent 10 vitesses. Ces kits consistent à ôter un des pignons du milieu pour ajouter une dentition plus importante en haut de cassette. Des chapelets de dérailleur plus longs et redessinés sont également proposés chez certains fabricants (Garbaruk, Wolf Tooth, OneUp…) pour optimiser le fonctionnement des dérailleurs avec ces plus grands pignons.

On le voit, plusieurs solutions existent pour peaufiner ses choix de braquets. Cependant, il faut toujours bien vérifier que l'on conservera un niveau de fonctionnement optimal. Par exemple, retendre la vis de tension B pour faire reculer le dérailleur à l'extrême afin de monter un pignon plus grand (comme installer un 42 dents sur un dérailleur SRAM 10 vitesses prévu pour du 36 dents) n'est pas la solution idéale.

Le mono-plateau sur route : une tendance émergente ?

Les vélos de route ne doivent pas être en reste, alors que les VTT sont presque tous passés au mono-plateau. Le résultat est très positif : il est particulièrement plaisant de ne plus se poser de questions concernant le choix du plateau en attaquant une montée. Les sensations sont similaires à celles ressenties en roulant toujours avec le grand plateau, qui, bien que plus petit, est plus facile à emmener. En utilisant l'ensemble de la cassette, on se retrouve toujours sur le bon rapport. Plus besoin de se compliquer la vie dans les montées, il suffit de monter les pignons suivant les besoins et de les redescendre sitôt le sommet franchi, ce qui se fait naturellement.

Un autre avantage notable est la disparition du bruit de la chaîne sur la fourchette, tant lors des changements de plateau que lors des passages sur des bosses ou des routes pavées. Bien sûr, il y a également un gain de poids sur le vélo, ce qui n'est pas négligeable. Que des avantages, vraiment ! L'auteur est persuadé que, comme pour les VTT, les transmissions mono-plateau vont se développer également sur la route.

Avec un seul plateau, les braquets extrêmes permettent au plus grand de rester identique et au plus petit d'être encore plus petit (pour grimper aux arbres sans problème). Il est possible de monter un plateau de 50 dents avec une cassette de 10/36 pour la compétition, bien sûr, en fonction des terrains de jeu, et tous les cyclosportifs ou non, comme les compétiteurs, y trouveront leur compte. Cette configuration est vivement conseillée à tous les cyclistes qui souhaitent pédaler simplement, sans se poser de question sur le braquet.

Comparaison visuelle d'un système double plateau et d'un système mono-plateau

Expériences et retours d'utilisateurs

Certains utilisateurs rapportent des expériences positives avec des configurations mono-plateau, même sur des vélos à assistance électrique. Par exemple, un utilisateur sur un VTT électrique avec un plateau de 30 dents et une cassette 11-36 monte partout et ne voit pas l'intérêt de pédaler plus vite. Un autre, sur un VTT 29 pouces sans assistance, utilise un monoplateau de 26 avec une cassette 11-42, ce qui lui permet de monter partout, mais commence à mouliner au-delà de 22-23 km/h.

L'utilisation de pignons plus grands permet de monter aussi bien tout en utilisant un plateau plus grand. Certains trouvent le pédalage plus fluide à 20 km/h avec un 36/15 qu'avec un 26/11. Cependant, dans les raidars très caillouteux et pentus, le couple trop fort du grand pignon peut entraîner un dérapage de la roue arrière. Le "moulinage" est considéré comme plus sécurisant dans certaines situations pour éviter de caler et de devoir poser le pied, surtout sur des terrains minés où il peut être difficile de repartir.

Pour les vélos électriques débridés, le double plateau peut être une solution. Un utilisateur mentionne rouler quasiment tout le temps en 11-15-19 avec le plateau de 44 sur route, atteignant 30 km/h pour aller au travail, et jusqu'à 40/42 km/h en poussant un peu sur le pignon de 11. Il utilise le petit plateau de 32 avec les pignons de 24 à 36 pour les côtes caillouteuses et pentues.

L'idée d'une cassette avec un départ en 11 dents et un dernier pignon entre 30 et 36 dents est jugée intéressante pour une certaine polyvalence sur un vélo de route en double plateau. Certains utilisateurs estiment que le pignon de 11 dents derrière un 36 (ou 14 sur Bosch) sert principalement aux descendeurs qui n'ont pas froid aux yeux et souhaitent encore appuyer à 45 km/h.

Pour les vélos à assistance électrique, une cassette avec un grand nombre de dents permet de monter des plateaux plus grands tout en conservant une bonne capacité de montée. Par exemple, un plateau de 30 dents avec une cassette 11-36 permet de monter partout. L'utilisation d'un plateau de 30 dents sur un vélo avec assistance apporte plus de couple sur tous les pignons, permettant d'utiliser au maximum le mode éco lors de longues randonnées.

Une configuration comme un plateau de 30/42 offre l'équivalent d'un 36/50, ce qui peut être considéré comme un développement important. Un utilisateur sur un VTT électrique avec un plateau de 35 (équivalent à un pignon de 14 en sortie moteur Bosch) et une cassette 11x46 trouve cette configuration idéale. Elle permet de monter en mode éco à 7 km/h, économisant ainsi considérablement la batterie. Au-delà de 25 km/h, le moteur Bosch se fait sentir, mais la transmission permet de dépasser les 30 km/h, voire un peu plus dans les relances en descente, ce qui est suffisant pour une pratique en moyenne montagne.

Double ou mono plateau, quel est le meilleur choix pour toi ?

Comprendre les braquets et développements

La cassette est un composant qui a le pouvoir de changer complètement l'expérience du cyclisme, que ce soit en VTT ou sur route. Il est facile de se perdre dans les choix entre le gain souhaité, la compatibilité de la cassette avec le vélo et les différents montages possibles pour l'utilisation souhaitée.

Une cassette est un ensemble de pignons qui se fixe sur le moyeu arrière du vélo. Elle s'emboîte (ou se visse) sur un corps de roue libre et permet à la chaîne de s'enrouler autour de ces différents pignons. En changeant la position de la chaîne sur la cassette grâce au dérailleur, on modifie le rapport de transmission, ce qui influence directement la facilité à pédaler, la vitesse que l'on peut atteindre, ainsi que le confort sur différentes pentes ou terrains. En clair, la cassette est un élément essentiel du système de transmission qui, en association avec le pédalier et la chaîne, offre la possibilité d'adapter son effort. Plus les dents sur le pignon sont nombreuses, plus il est facile de pédaler, mais plus on réduit sa vitesse potentielle.

Traditionnellement, on évaluait la qualité d'un vélo par son nombre de vitesses, un concept similaire à celui des voitures. Ces « vitesses » correspondent aux différentes combinaisons possibles entre les plateaux et les pignons de la cassette ou roue libre du vélo. Toutefois, ce critère ne reflète pas nécessairement l'adéquation du vélo aux capacités physiques de l'utilisateur ou à la spécificité d'un terrain.

Le système est direct : un tour de pédalier entraîne un tour de roue. Pour augmenter la vitesse, il faut soit augmenter le diamètre de la roue, soit accroître la cadence de pédalage. Les vélos utilisent un système de démultiplication, avec un pédalier pouvant comporter de un à trois plateaux (de plus en plus rare) et un ensemble allant d'un pignon fixe à une cassette de jusqu'à treize pignons, directement liés à la roue. Cette configuration permet de varier le nombre de tours de roue effectués pour chaque tour de pédalier. Ainsi, avec un plateau de 44 dents et un pignon de 11 dents, on obtiendrait quatre tours de roue par tour de pédalier, tandis qu'avec un pignon de 22 dents sur le même plateau, le résultat serait de deux tours de roue.

Ces rapports sont les braquets, définissant simplement le rapport entre le nombre de dents du plateau et celui du pignon. Au bout du compte, tout se joue sur le diamètre de la roue. Le développement, obtenu en multipliant le braquet par la circonférence de la roue, varie significativement selon la taille de cette dernière. Par exemple, une roue de 20 pouces n'offrira pas la même distance parcourue qu'une roue de 28 pouces avec le même braquet. De même, l'utilisation d'un pneu de 28 mm ou de 32 mm sur la même roue entraîne des variations notables. Ces variations sont consignées dans des tableaux de développement, qui indiquent l'effort réel nécessaire pour le cycliste. Cependant, il est souvent plus courant de se référer aux braquets plutôt qu'aux mètres car ils sont plus simples à comprendre. On va donc davantage parler d'un 42-11 plutôt que de dire « un 8,1 mètres ».

La cassette idéale est celle qui correspond le mieux à votre pratique. Elle doit être adaptée aux endroits où vous allez rouler. Par exemple, si vous vivez dans une région vallonnée et que vous souhaitez rouler sur des terrains variés et plus ou moins techniques, vous allez rechercher une plus grande plage de développement. Les vélos gravel peuvent être équipés de différents types de cassettes. Les cassettes 11-42 ou 10-50 sont privilégiées pour leur polyvalence sur terrains très variés. Les cassettes 11-32 favorisent une transition plus fluide entre les vitesses. Enfin, le choix entre un système mono-plateau (1x) ou double-plateau (2x) influence également le type de cassette à choisir.

Ce qu'il faut retenir :

  • Si vous êtes en double plateau : une cassette avec un départ 10/11 et un dernier pignon compris entre 30 et 36 vous permettra une certaine polyvalence.
  • Respectez les recommandations de la marque en termes de compatibilité. Certains vous diront par exemple que certains montages « passent » et qu'ils roulent depuis des années comme cela.

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