L'aventure des Peugeot 103 : des défis audacieux aux quatre coins de l'Europe
La mythique Peugeot 103, symbole de liberté et d'évasion pour plusieurs générations, continue d'inspirer des périples audacieux. Récemment, un groupe d'amis trentenaires originaire du Vignoble nantais a relevé un pari fou : traverser 900 km en mobylette pour aller déguster une pizza en Italie.
Partis de France, Flavien, Vincent, Jimmy et Nicolas ont acheté leurs pizzas à la frontière française, mais ont tenu à les savourer de l'autre côté des Alpes. Bien que toutes les pizzerias italiennes fussent fermées à leur arrivée, ils ont trouvé une solution : acheter leurs pizzas dans un restaurant tenu par des Italiens juste avant la frontière, puis les déguster à l'ancien poste de douanes à Claviere, en Italie. Ce périple, qui a duré trois jours, s'est terminé par une nuit à l'hôtel à Montgenèvre avant de reprendre la route du retour, toujours sur leurs fidèles Peugeot 103.
Ce défi s'inscrit dans la lignée d'autres aventures similaires. Un an auparavant, trois amis de Saint-Hilaire-de-Clisson avaient déjà entrepris un voyage de 1 886 km aller-retour en Peugeot 103, dans le but de goûter le fromage néerlandais à Gouda. Ces "mob-trips" témoignent de la persistance de l'esprit d'aventure et de la passion pour la 103.
D'autres groupes ont également emprunté cette voie, comme cinq amis partis de Clisson pour se rendre sur la tombe de Brassens à Sète, parcourant 1 500 km sur des 103 Peugeot. Pour ces aventuriers, la préparation des mobylettes est essentielle, incluant l'amélioration des transferts moteur, des amortisseurs renforcés et des configurations spécifiques comme le "guidon haut, une place et pas de porte-bagages" pour les versions nantaises. Le budget pour de tels périples peut s'élever à plus de 1 000 € pour la préparation des machines et environ 300 € par personne pour une semaine.
Ces voyages, souvent realizados sur les routes secondaires pour éviter les dangers des voies rapides, exigent une moyenne de 300 km par jour. En cas de panne, l'avantage des véhicules anciens réside dans leur mécanique simple, permettant des réparations sur le bord de la route. L'hébergement se fait souvent à la belle étoile, dans des granges prêtées ou des caravanes anciennes, ajoutant au charme rustique de l'aventure.

La Peugeot 103 : un symbole de liberté et d'émancipation
La Peugeot 103 n'est pas seulement un moyen de transport ; elle est un véritable symbole de liberté et d'indépendance pour de nombreuses personnes. Pour toute une génération, elle représentait la possibilité d'aller plus loin qu'avec un vélo, d'explorer de nouveaux horizons et de gagner en autonomie.
Bastien Quenisset, 35 ans, un passionné de Mélisey, utilise sa 103 quotidiennement pour ses déplacements, du pain au travail, profitant de chaque occasion pour rouler par beau temps. Pour lui, posséder une 103, rachetée il y a quinze ans, est synonyme de souvenir et de liberté.
Jérôme Stiquel, originaire de la "capitale de la mobylette" près de l'usine Peugeot de Mandeure, a grandi avec le son des 103 sortant de l'usine. Sa passion a débuté à 13 ans, lorsqu'il a remis en état une mobylette rouillée offerte par son père. Cette expérience lui a appris l'importance de l'entretien et a renforcé son lien avec ce véhicule emblématique.
Dominique Bourgeois, un sexagénaire du sud du Doubs, partage cette passion en rénovant des 103 chinées. Il en possède trois, dont une de 1971, particulièrement recherchée. Il se souvient des qualités de la 103 de son époque : "c'était une des mob les plus rapides à l’époque ! Puis, elle avait une belle bouille…
Sébastien Aubry, quant à lui, a mené une quête personnelle pour retrouver sa 103 Cobra, une série limitée de 1992, qui avait marqué son enfance. Après des années de recherches, il a finalement réussi à la racheter, témoignant de l'attachement émotionnel que ce véhicule peut susciter.

Le retour de la Peugeot 103 : une nouvelle ère électrique
Cinquante ans après son lancement, la Peugeot 103 s'apprête à faire son grand retour, cette fois-ci dans une version électrique. Peugeot a dévoilé un nouveau modèle, fruit du "projet SPx", présenté au Salon du 2-roues à Lyon à l'occasion des 50 ans de la 103. La production de cette nouvelle génération est prévue dès 2025 dans l'usine historique de Mandeure (Doubs).
Cette renaissance électrique vise à dépoussiérer l'image de la 103, tout en capitalisant sur la nostalgie et la symbolique du véhicule. La nouvelle 103 proposera deux versions : une équivalent 50 cm3 atteignant 45 km/h, et une équivalent 80 cm3 pouvant rouler jusqu'à 70 km/h. L'absence de bruit de pétarades et le démarrage par simple bouton marqueront une rupture avec le modèle thermique.
Le design de la nouvelle 103 conserve des éléments iconiques, tels que la forme du cadre aux lignes anguleuses, le feu carré et les couleurs mythiques bleu et orange. Ce look rétro-futuriste vise à séduire à la fois les anciens adeptes et une nouvelle clientèle.
Cependant, cette modernisation suscite des réactions mitigées parmi les fans de la première heure. Certains regrettent la perte du charme originel, trouvant le nouveau modèle trop moderne. D'autres estiment que, malgré la reprise des traits caractéristiques, il ne s'agit plus de la 103 qu'ils ont connue.
Malgré ces réserves, Peugeot mise sur la nostalgie et la symbolique de la 103 comme moteur de succès. La marque espère que cette nouvelle version parviendra à capter le même engouement que son aînée, qui fut pendant des décennies un symbole de liberté et d'émancipation pour des millions de Français.